Diane-Audrey Ngako : ''Les femmes sont le moteur central de l’économie africaine''

3 questions à Diane-Audrey Ngako, 27 ans, créatrice de l’agence de communication Omenkart. En 2016, Forbes l'a classée parmi les 30 jeunes de moins de 30 ans les plus influents du continent africain. Après avoir travaillé cinq ans pour Le Monde Afrique et TV5, elle a décidé de rentrer au Cameroun, son pays d’origine.

  • Qu'est-ce qui a fait que dans votre parcours professionnel la voie de l'entrepreneuriat s'est finalement imposée ?

  • Le Cameroun, et l'Afrique en général, n'échappent pas à la fièvre entrepreneuriale. Dans un premier temps, devenir entrepreneur peut sembler une issue pour une personne en recherche d'emploi et dans l'impasse professionnellement. Mais, en réalité, dans un second temps, cela s'impose surtout grâce à des motivations personnelles : suivre un idéal, prouver ses compétences, répondre à un besoin de reconnaissance, le goût de l'aventure professionnelle, avoir le sens des responsabilités, ne plus dépendre d'une hiérarchie, être acteur de sa réussite. Dans mon cas précis, j’ai suivi une envie forte, celle de créer une agence de communication africaine aux standards internationaux. Avec mon agence Omenkart, je souhaite produire des projets créatifs singuliers, esthétiques et surtout adaptés aux problématiques d'Africains du continent ou de la diaspora.

  • Selon vous, quelles sont les difficultés principales rencontrées par l'entrepreneuriat féminin en Afrique ?

  • Les femmes sont le moteur central de l’économie africaine. Nous le disons fièrement d’autant plus que c’est notre génération qui porte ce mouvement. La principale problématique en tant qu'entrepreneur est le financement. Cela l'est encore plus lorsque vous êtes une femme. Dans un premier temps, nous devons trouver des solutions nous permettant de concilier activité économique et vie de famille. Ensuite, il nous faut favoriser la mise en réseau des initiatives et des compétences pour bénéficier de conseils de personnes possédant de l’expérience dans le monde de l’entreprise. Mais avant même d'arriver à ce niveau, il faudrait améliorer le système éducatif et l’accès des femmes à la formation. Dans certains états africains encore, la scolarisation des filles est très à la traîne par rapport à celle des garçons.

  • Qu'est-ce qui vous paraît le plus difficile et le plus motivant pour une femme entrepreneure africaine aujourd'hui ?

  • Le plus motivant dans nos parcours restent certainement les moments de création, lorsque l’on passe de l'idée à la réalisation. Pour le reste, tout est surmontable. Régulièrement dans mon parcours, je repense souvent à cette citation de Goethe : « Dans le domaine des idées, tout dépend de l’enthousiasme. Dans le monde réel, tout repose sur la persévérance. »

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