Porc anonyme

Cette semaine, j’ai reçu une lettre. Une lettre anonyme. Ça ne m’est pas arrivé souvent dans ma vie. C’est même peut-être la première fois. C’était une dénonciation. Celle du comportement d’une personne - non nommée - dans une agence. Un porc donc. Une seul ligne en Word sèche et violente. Quand on reçoit une telle missive on se pose évidemment des questions. Sur l’auteur et sur sa dénonciation. Sur l’auteur qui n’a pas le courage, la possibilité, la volonté de s’identifier. Sur sa dénonciation qui est tellement vague qu’elle jette la suspicion sur une entreprise entière. Et par conséquent se vide de sa substance. Car on ne peut pas accuser une agence de plusieurs dizaines de salariés d’être coupable… d’on ne sait quoi d’ailleurs, parce qu’une personne aurait un comportement critiquable, voire condamnable. On ne peut pas (je suis obligé d’employer le "on", puisque je ne sais pas à qui je m’adresse) utiliser l’anonymat pour dénoncer. Cela a été pratiqué en des temps plus sombres de notre histoire pour envoyer des gens en prison, à la torture et à la mort. Et quelle que soit la raison pour laquelle on estime devoir en arriver à dénoncer un acte délictueux, voire criminel, il y a pour cela une institution qui s’appelle la justice. Elle a des défauts ? Certes ! Elle est lente et compliquée ? Malheureusement, oui. Mais à ce jour, elle est la garantie du fonctionnement de notre société. Et aussi imparfaite soit elle, la justice fonctionnera toujours mieux que l’anonymat d’une lettre sans espoir.

Post-scriptum qui n’a rien à voir : Cette semaine nous a quittés une amie, une femme, une journaliste, emportée par la maladie. Elle a été l’une de mes premières collègues il y a bien longtemps, elle m’a appris beaucoup de choses sans le savoir et son départ m’attriste profondément. Cathy Leitus, grand reporter à Stratégies est partie et nous la pleurons.

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