Doctolib : la prévention 3.0 ?
La plateforme de prise de rendez-vous médicaux assure le relai de messages de prévention pour les acteurs de santé publique. En près de trois ans, Doctolib est devenu un partenaire efficace qui pousse chaque année des milliers de Français à s’informer et à se faire dépister.
Douze ans après son lancement, la licorne qu’est rapidement devenu Doctolib ne se contente plus d’aider patients et médecins à organiser leurs rendez-vous. La plateforme propose désormais des visio-consultations, le partage de documents (ordonnances notamment), et permet également la diffusion de campagnes de prévention. Il faut dire que cette startup est devenue un géant de la tech à la force de frappe puissante et incontournable pour bon nombre de patients et pour autant de soignants.
En 2024, Doctolib c’est 90 millions de patients utilisateurs revendiqués en Europe. Plus de 420 000 médecins et professionnels de santé clients, dont 200 000 en France (ce sont eux qui paient la plateforme, pas les patients). Plus de 2 900 salariés œuvrant en France, Allemagne, Italie et Pays-Bas. Et un chiffre d’affaires de 217 millions d’euros (chiffre de juillet 2024).
La santé avant tout
La licorne, parmi les mieux valorisées de la French Tech, a constitué une telle communauté autour de la santé qu’il lui a semblé important, en 2022, de développer aussi des messages pour sensibiliser ses utilisateurs à la détection précoce de certaines maladies, rappeler comment prévenir ou éviter différents types d’accidents, informer sur les risques du tabagisme et de la malbouffe, ou encore rappeler les âges et dates de soins ou suivis obligatoires et autres tests de dépistage. « Avec 120 millions de visites du site et de l’application par mois, nous sommes aujourd’hui présents dans les poches et les ordinateurs d’une grande majorité de Français et de familles : 50 millions d’utilisateurs en France », souligne Margaux Ceccaldi, directrice de la prévention chez Doctolib. « Le système de santé français est très largement basé sur le curatif, mais le besoin en prévention reste très fort. On sait par exemple que seulement 34 % des patients en âge de réaliser le test de dépistage du cancer colorectal le font, alors que 90 % de ces cancers sont traitables s’ils sont détectés et pris en charge à temps. » Idem pour d’autres sujets, comme la sensibilisation aux dons de gamètes ou de moelle osseuse, encore trop méconnus et dont il est primordial de rappeler l’existence et l’importance.
Doctolib se charge donc depuis près de trois ans de battre le rappel pour accompagner encore mieux le parcours de soins des patients et aider les soignants dans leurs missions de dépistage, information, etc. « Nous construisons ces messages en partenariat avec des associations, acteurs publics, associations de patients, campagnes de santé publique, sociétés savantes ou acteurs privés comme les laboratoires », ajoute Margaux Ceccaldi. La plateforme est capable d’adresser les informations aux patients concernés et ciblés en fonction de leur âge, sexe, lieu de résidence, etc. « L’idée est évidemment de cibler les bonnes personnes au bon moment et de porter les messages de prévention quand les patients sont en train de chercher un rendez-vous sur Doctolib, à un moment où ils sont donc déjà dans une démarche de santé et où ils sont plus réceptifs tant pour eux que pour leur conjoint, parents, enfants », poursuit Margaux Ceccaldi. Malin et surtout ultra-efficace.
90 000 prises de rendez-vous
Selon son bilan 2024, la plateforme a ainsi mené 42 campagnes de prévention avec un large panel de partenaires tels Santé publique France, la Ligue contre le cancer, l’Agence de la biomédecine. Et permis d’informer et de sensibiliser autour de sujets hyper-variés : le Mois sans tabac, Octobre rose, la prévention des AVC, la vaccination HPV chez les adolescents, le cancer du col de l’utérus, le don du sang, le port du masque, etc. Au total, ces 42 campagnes ont généré près de 430 millions d’impressions et surtout au moins 90 000 prises de rendez-vous chez des soignants ou laboratoires dans les 30 minutes après avoir été vues. Pour le seul cancer du sein, 52 % des femmes interrogées déclarent avoir pris rendez-vous pour un dépistage après avoir été exposées à la campagne, un chiffre qui atteint 60 % pour les plus de 50 ans. 78 % envisagent une action de dépistage après avoir vu la campagne. 89 % des femmes entre 25 et 50 ans envisagent d’en apprendre plus sur l’autosurveillance. Pour dépister et freiner l’évolution de la myopie chez les 6-12 ans, les proches et parents des enfants étaient ciblés durant 7 jours. Résultat : plus de 1 075 rendez-vous prix chez des ophtalmologues ! Ou encore, la campagne menée pendant 30 jours durant le Mois sans tabac a généré près de 57 millions d’impressions. « Pour aller encore plus loin, nous allons bientôt lancer des campagnes sur les rappels de vaccination, les rendez-vous obligatoires, les informations sur les cancers particuliers et moins connus », ajoute la directrice de la prévention de la plateforme.
Mais Doctolib n’entend pas en faire trop. « Nous ne voulons pas détériorer l’expérience des patients qui aiment Doctolib pour sa praticité et son efficacité lors de la prise des rendez-vous », souligne Margaux Ceccaldi. « Nous ne communiquerons donc pas sur tous les sujets de prévention et nous veillerons à ne surtout pas saturer les patients de notifications envoyées tous azimuts. » Cela brouillerait les messages et noyer les utilisateurs sous trop d’informations et messages de prévention s’avérerait évidemment contre-productif. La plateforme ne souhaite pas non plus brouiller la frontière entre prévention et publicité. Les messages de prévention resteront travaillés et étudiés avec les partenaires idoines et légitimes. « Ces campagnes de prévention sont toutes rétribuées, mais ne représentent que 1 % des revenus de Doctolib, soit une part marginale de notre activité », confirme Margaux Ceccaldi. Et la plateforme ne souhaite évidemment pas en faire un business prioritaire et hautement lucratif. La prévention est un sujet trop important.
Doctolib, c'est 50 millions d'utilisateurs en France. Margaux ceccaldi, Doctolib