Nom de code : House of Good

Allier la création publicitaire et le conseil, c’est le sens du rapprochement entre The Good Company et le cabinet conseil en stratégie RSE et développement durable Hyssop. Retour sur une ambition.

C’est une jolie fleur qui résiste aux climats arides. À la rocaille aussi. Elle est essaimante et résiliente. L’Hyssopus officinalis, comme disent les botanistes, c’est l’hysope pour les néophytes qui aiment regarder les fleurs. Ortographié Hyssop, c’est un cabinet conseil qui a une « obsession tenace » depuis sa création il y a cinq ans : celle d’accompagner les entreprises dans leur transition environnementale et sociétale. Le « deal » aujourd’hui conclu avec The Good Company, qui vient de prendre 25 % du capital d’Hyssop, c’est « d’allier le fond et la forme. Le hard – le conseil – et le soft – la créativité – pour amplifier l’accompagnement des clients sur les thématiques de la RSE », explique Luc Wise, président de The Good Company. Les deux entreprises cohabitent depuis deux ans au 142 boulevard Montmartre dans le 2e arrondissement de Paris. C’est ici qu’Émile Zola a écrit « J’accuse… ! », publié dans L’Aurore en 1898. Un signe, s’il en fallait, que dire et faire savoir peuvent tout changer. « Nous sommes engagés, pas enragés », poursuit Luc Wise, « nous travaillons ensemble pour un certain nombre de clients. C’est un rapprochement naturel. » Les deux entreprises, réunies dans une entité dont le nom de code est « House of Good », partagent des budgets comme ceux de LVMH, du groupe Upcoop, ou encore de CNP Assurances. Un rapprochement stratégique qui intervient dans une séquence très morose pour les sujets de responsabilité et d’engagement. En effet, les études récentes témoignent d’une prudence, quand ce n’est pas d’un recul, des entreprises en la matière. L’ObSoCo évoquait même une « fatigue écologique » dans une étude menée pour Citeo en avril dernier1. Une impuissance ressentie par les citoyens devant le gigantisme de la tâche. Une mise à distance dangereuse… L’administration américaine semble donner le « la » des renoncements responsables et humanistes tous azimuts. L’Europe peut s’affirmer et ne pas se positionner en mode « suiveuse », veulent croire les optimistes.

Ténacité

Les trois fondateurs d’Hyssop ont des CV assez remarquables pour livrer bataille. Dominique Royet est l’experte RSE du trio. Sa transition durable, elle l’a faite il y a vingt ans : au WWF comme directrice partenariats avec le monde économique, comme co-créatrice du cabinet RSE GreenFlex, comme directrice générale de Max Havelaar… Guillaume Gozé est de son côté expert en stratégie de marque et en co-création. D’abord chez Eurostar, puis comme directeur associé à la stratégie chez Saguez & Partners, avant de monter la filiale de l’agence Kettle à San Francisco pour Apple. David Garcia, c’est le créatif en communication responsable depuis vingt ans, d’abord chez Sidièse, puis en tant qu’indépendant. Le cabinet conseil compte onze personnes aujourd’hui, des « techniciens de la RSE », et franchit une étape importante grâce à ce rapprochement avec une agence de publicité. Parmi leurs clients : Guerlain, SNCF, Kiabi, Comexposium, Bpifrance, Parfums Christian Dior, Kenzo Parfums, Sephora, RATP, Citeo, Ademe… Sur des sujets pointus (notamment de diagnostics et de certifications) mais pas impossibles à comprendre si on y investit un peu de ses neurones, et plutôt invisibilisés par le grand public. « Pour devenir désirable, cela passe par la création publicitaire », affirme Domique Royet. L’un des credos communs chez cette House of Good, c’est que la transition écologique n’est pas antinomique avec le business. Les marques disposent d’une réserve considérable de création de valeur pour pérenniser leurs modèles. Il s’agit bien de responsabilité. En parlant avec ces pros, on se prend à espérer.

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