‘‘Go luck yourself’’, par Sébastien Genty (CPS)
7 ans que le prix du CPS existe. 7, c’est un chiffre chargé de significations.
Les couleurs de l’arc-en-ciel, les merveilles du monde, les notes de la gamme marchent par 7, comme l’âge de raison et les années de réflexion chez Billy Wilder. Quoi qu’il en soit, le prix est toujours là, fidèle à ses fondamentaux. L’énergie est là, la reconnaissance et l’intérêt grandissent. Pas de recette magique mais peut-être quelques ingrédients que l’on retrouve également dans beaucoup des projets qui sont célébrés cette année encore et que le Collectif s’est aussi appliqué. Un peu d’optimisme… En ce moment, ça ressemble curieusement de plus en plus à un acte de résistance. On est bien loin d’un acte engagé en l’occurrence, mais à la petite échelle de ce métier il fallait un peu d’optimisme pour lancer les Pépites, alors que le marché semblait déjà saturé de prix, de célébrations et de festivals. Visiblement, il restait une petite place pour quelque chose qui parle du métier un peu différemment. Quelque chose qui raconte la petite ou la grande histoire des idées derrière les campagnes.
Sans doute un peu d’obstination
On peut se demander si durer est véritablement une fin en soi. Comme souvent, ça dépend. Mais en l’occurrence, on oublie peut-être parfois de faire du long terme, un objectif en soi. Parce que c’est l’un des tout premiers vecteurs d’efficacité. C’est une dimension que n’ont pas oubliée une bonne partie des cas célébrés cette année, et qui se sont posé cette question : « Comment créer du souvenir et pas seulement des instantanés un peu trop vite oubliés ? » Le dernier ingrédient, sans doute le plus important, c’est une bonne dose de chance, qui comme le rappelle indirectement le titre « Go luck yourself », n’a bien sûr rien à voir avec le hasard. On a eu et on a beaucoup de chance. D’avoir encore cette année un tel jury, autant de bonnes fées qui se penchent sur le berceau du CPS depuis sa naissance. Beaucoup de chance d’avoir de très beaux cas, sur des très beaux sujets, avec des très belles problématiques, rassemblés dans le livre édité chaque année1. Beaucoup de chance aussi de faire ce métier, d’être payé à essayer de comprendre ce et ceux qui nous entourent, à rencontrer des gens, à faire évoluer nos idées. J’en ai presque terminé et tout ça sans parler d’IA, sans essayer de trouver sa place dans les discours qui oscillent entre « ce n’est rien qu’un outil, rien ne remplacera l’humain, même pas mal, même pas peur… » et son exact opposé « putain l’IA peut tout faire, c’est affreux, on est tous foutu ». Comme souvent ça va dépendre de la capacité de chacun à saisir tout son potentiel. Une chose restera a priori certaine, on ne fait et on ne fera jamais grand-chose tout seul. Celui qu’on ne cite pas assez souvent, le capitaine Nemo bien sûr, nous le rappelle à la fin de « L’Île mystérieuse » : « Je meurs d’avoir cru qu’on pouvait vivre seul. »
Ce n’est pas notre cas et c’est sans doute pour ça que le CPS est encore bien vivant après ces 7 années. Alors au nom de tout le Collectif, merci à tous ceux qui participent au prix, partenaires, candidats, étudiants, et le jury prestigieux qui nous a fait le plaisir et l’honneur de jouer le jeu cette année2.
Sébastien Genty est le président du Collectif du planning stratégique – CPS.
1. Pour commander le livre : https://www.collectifplanningstrategique.org/contact.
2. Le jury 2025 : Rémi Babinet, Youri Guerassimov, Thierry Reboul, Franck Annese, Jérôme Ruskin, Benjamin Grumbach, Anne-Sophie Tourtoulou, Caroline Marti, Bénédicte Ibert, Isabelle Musnik, Clotilde Briard, Ligia Da Silva Monteiro, Valentin Richardot, Thomas Boutte, Sylvain Thirache.