Une année plus ou moins compliquée !

Incontournables de la rencontre physique, les lieux d’événements ne connaissent pas (trop) la crise. À l’exception des lieux dédiés au corporate. En 2025, les parcs des expositions, les palais et les centres de congrès ont maintenu leur activité, mais restent soumis à la pression permanente de la concurrence étrangère.

Difficile de dresser un état du marché exhaustif et précis des lieux événementiels, trop nombreux et surtout trop variés pour en donner une image claire. Comme on pouvait le craindre, l’impact du ralentissement dans le domaine de l’événement corporate (convention, séminaire, lancement de produit…) n’a pas épargné les sites dédiés : « Avec une baisse d’activité de 20 à 30 % en moyenne, tous nos sites sont unanimes : il y a une dépriorisation de l’événement chez nos clients », résume Delphine Bouclon, présidente de la Clé, collective de lieux de séminaires et d’événements. « Les plus gros acteurs tirent moins la langue, mais c’est très compliqué. » Pour les autres, moins dépendants de cette clientèle, le vécu n’est pas le même. « Nos sites événementiels – parcs des expositions, palais des congrès et centres de congrès – se portent plutôt bien en 2025 », confirme Stéphane Kintzig, président du groupement des gestionnaires de sites d’Unimev. « Le taux d’occupation est légèrement inférieur à celui de 2024 du fait des Jeux olympiques durant lesquels certains de nos espaces ont été utilisés pendant l’été, une période généralement creuse pour nous. »

Pour le reste, les salons, les foires, les congrès et les événements sportifs ou de divertissement (concerts, festivals…) n’ont, semble-t-il, pas manqué à l’appel, actant le retour en grâce du live observé depuis la sortie du Covid. « La plupart des manifestations que nous accueillons sont généralement programmées longtemps à l’avance, ce qui limite notre sensibilité à la conjoncture, contrairement aux événements corporate », rappelle Stéphane Kintzig.

Bien que favorable, la situation n’en demeure pas moins sensible du fait de la concurrence internationale. Une concurrence souvent faite de destinations plus récemment ouvertes à l’accueil d’événements et dont les infrastructures sont de facto plus récentes et donc plus en phase avec les exigences, notamment environnementales, des organisateurs d’événements.

« Nous travaillons sur trois grands axes : l’environnement, l’expérience participant et l’hybridation », résume Stéphane Kintzig. « Sur le premier, nous avons bien avancé pour être en conformité, mais il faut bien comprendre que ces changements ne se résument pas à un nouveau système de chauffage et porte sur de très grands bâtiments. L’ensemble nécessite de gros investissements (1,7 milliard d’euros) et devrait nous permettre d’être en conformité d’ici cinq à six ans. » Concernant l’expérience participant, les sites raisonnent désormais à l’échelle de la destination et travaillent sur l’élaboration de parcours visiteurs depuis leur arrivée – à Lyon, Lille, Bordeaux, Paris, etc. – jusqu’au site de l’événement.

L’hybridation des manifestations entend, quant à elle, dynamiser les formats historiques (salons, congrès, conventions…) en les mixant. « Aujourd’hui, plus un salon ne propose pas un volet de conférences avec des speakers ; plus un congrès ne dispose pas d’un espace d’exposition », illustre Stéphane Kintzig. « Chaque événement est repensé, y compris dans sa temporalité. Il ne se limite pas aux seuls jours d’exploitation. Il vit avant, pendant et après auprès de sa communauté. » v.D.

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