IA, la nouvelle amie du créa

L’arrivée de l’IA générative nous a fait basculer dans une nouvelle ère, dit-on. Friand d’innovation technologique, le monde de l’événement se l’est appropriée, créatifs en tête.

Que n’a-t-on pas déjà dit sur l’IA ? Elle a changé et va changer nos vies. Et nous débarrasser des tâches fastidieuses, dont l’événement ne manque pas. Elle risque malheureusement de faire disparaître des métiers (traducteur, roughman…), des expertises, mais pourrait bien en faire émerger d’autres. « Objectivement, l’IA ne révolutionne rien, facilite presque tout, mais ne va pas tout changer », résume Damien Schmitz, directeur général d’Eventmaker. « Dans 90 % des cas, elle fait bien ce que je ne faisais pas avant, mais ne fait pas mieux ce que je faisais déjà. Notamment parce qu’elle ne génère pas de sérendipité ! » Loin de concurrencer le créatif, elle le challenge, lui libère du temps pour créer et l’aide à visualiser des concepts événementiels parfois difficiles à expliquer. « Avec un prompt intelligemment rédigé, je peux visualiser l’image d’une scénographie, d’un show, d’une big picture », souligne Martin Perraud, directeur de création de Havas Events. « L’IA met en image et parfois en mouvement l’idée. Elle complète un moodboard et permet aux autres de se projeter. »

Si elle ne révolutionne rien, L’IA crée un précédent. Comme dans tous les secteurs, elle permet d’effectuer en un clic et pour beaucoup moins cher des tâches chronophages, comme décliner une charte en plusieurs versions ou permettre à un speaker de s’adresser à ses publics dans n’importe quelle langue. « Il faut prendre du recul pour ne pas se laisser embarquer, identifier ce qui relève du gadget de ce qui va être décisif pour notre métier », rappelle Morgane Bamba, directrice de Brainsonic Live. « Aujourd’hui, tous nos métiers, toutes nos équipes ont intégré l’IA dans le workflow. À commencer par la création qui, quand elle intègre la tech pour augmenter l’expérience, permet d’amplifier l’émotion. » C’est ce que Brainsonic Live a fait pour l’inauguration, après rénovation, du siège (et bâtiment classé) historique de la Chambre des notaires. Pour montrer la modernité de cette organisation pourtant séculaire, l’agence s’est appuyée sur des photos, des gravures et des peintures d’époque qu’elle a animées. « En plus d’une galerie de tableaux animés, nous avons redonné vie au premier président de l’institution pour raconter l’histoire de l’institution depuis 1832 et la projeter dans l’avenir », explique Morgane Bamba. « Nous avons également créé un avatar professionnel pour répondre à toutes les questions des visiteurs. »

Dans un autre registre, pour la convention de BPCE, l’agence a proposé de pirater l’événement, plongeant les 600 participants en plein film de science-fiction dont ils sont devenus acteurs quelques minutes après leur arrivée. Dans cette convention gamifiée, les équipes devaient s’unir pour relever des défis. L’objectif : éviter qu’un black-out mondial imminent ne plonge l’humanité dans le chaos en interagissant en live avec un collègue bloqué, dans un futur postapocalyptique dans les locaux de l’entreprise métamorphosés grâce à l’IA. Rendue techniquement et financièrement accessible grâce à la technologie, l’animation a été très appréciée des collaborateurs (à 95 %) qui ont mémorisé 70 % des messages de l’entreprise. Pas révolutionnaire, mais efficace ! v.D.

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