Guénaëlle Troly : l’appel de Rennes
À la tête de la nouvelle chaîne de la TNT Novo19 et d’une trentaine de collaborateurs, Guénaëlle Troly navigue entre Paris et Rennes. Son ambition : faire de la filiale du groupe Ouest-France une télévision nationale… depuis la Bretagne.
Le train de 7h. Gare Montparnasse, direction Rennes. C’est celui qu’aura pris Guénaëlle Troly, la directrice générale de Novo19, pour rejoindre les locaux du groupe Ouest-France, là où est installée la nouvelle chaîne de la TNT qui émet depuis le 1er septembre, 18h. Ce lundi matin là, elle nous reçoit entre deux réunions. Cette « nomade », comme elle se qualifie, a organisé sa nouvelle vie professionnelle depuis tout juste un an, entre la capitale et la préfecture de la région Bretagne, Novo19 disposant de studios dans les deux villes. « Je suis bien plus à Rennes qu’à Paris », souligne-t-elle toutefois, alors que pas moins de trois bureaux sont à sa disposition : deux à Rennes auprès de ses équipes en open space et dans l’antre des membres du directoire du groupe Ouest-France, au 1er étage, et un à Paris, « une toute petite place », dans le quartier Montparnasse (le monde est petit !) où est tourné le talk quotidien de la chaîne, produit par Together Media et France.TV Studio. « C’est la première fois que je travaille dans des espaces qui se sont démultipliés », s’amuse-t-elle. Puis le Covid « est passé par là et a rendu cela aussi possible dans la culture d’entreprise. Sans cette période, je n’appréhenderais pas mon management de la même manière. Il en serait de même pour les équipes s’il n’y avait pas eu ces obligations de travail à distance. Je vois tout cela tendre vers une sorte d’hyper-efficacité où il est dans les faits très important d’être tous ensemble. »
Pour autant, pas le temps de personnaliser ses espaces dédiés, pas la moindre trace laissant échapper un peu d’elle-même sur ceux-ci, à part ses mugs siglés aux couleurs de la chaîne, et de la Bretagne. « Je suis en général à Rennes, là où je vis, les lundis, mardis et mercredis », les jeudis et vendredis laissant place à ses rendez-vous parisiens. « Mais je m’organise en fonction des obligations. Tout peut être remis en cause. Il faut être souple, parce qu’autrement ce n’est pas possible », avance-t-elle. Alors, il faut voyager léger. Exit les objets porte-bonheur et autres indispensables que l’on trimbale, qu’il pleuve ou qu’il vente : « J’avoue que j’optimise au maximum le poids de mon sac, avec mon ordinateur, le téléphone, des écouteurs et mon badge. Point. Je suis beaucoup à pied dans les transports en commun ou dans les taxis. »
Un choix de vie, en somme, pour celle qui a rejoint le groupe Ouest-France pour diriger Novo19 après être notamment passée par le groupe Altice pendant neuf ans (2012-2021) où elle a accompagné, entre autres, le lancement et le développement de RMC Découverte et le repositionnement de RMC Story. « Lorsque j’ai intégré le projet Novo19 en octobre 2024, le groupe avait déjà obtenu la fréquence TNT » délivrée par l’Arcom en juillet de la même année. Une séquence d’auditions de tous les prétendants à la reconduction ou à la délivrance d’une fréquence, devant l’instance de régulation, dont elle n’a pas perdu une miette. « J’ai suivi cela de très près, je les ai toutes regardées, aussi parce que je travaillais alors pour un autre dossier candidat », glisse-t-elle.
« La nécessité du sang-froid et de la réactivité »
Avec le choix de Novo19 par l’Arcom, les ambitions et la tension de la nouveauté à créer se dévoilent. « Ce n’est pas tous les jours qu’un nouveau média se crée, et je n’ai pas travaillé à partir d’une page blanche, un gros travail avait déjà été effectué. Mon rôle aura été de mettre en place la manière dont nous allions passer d’un projet à une réalité humaine, programmatique et technique, devenir une chaîne, un média et une plateforme à part entière. » Et lorsque l’on interroge Guénaëlle Troly sur les forces nécessaires pour occuper ses fonctions : « Agilité, expérience, ténacité, endurance… Tous les métiers qui sont liés à l’antenne apportent cela. Gérer une antenne, c’est également la nécessité du sang-froid et de la réactivité. »
Présent sur le print et le numérique, le groupe Ouest-France ambitionnait que sa nouvelle chaîne soit le prolongement et « la vitrine de sa partie numérique, justement » avec le développement de la vidéo qui avait été mis en place depuis de nombreuses années, souligne Guénaëlle Troly. Mais quoi qu’il en soit, Novo19 « est une chaîne vraiment fabriquée et construite depuis Rennes avec toute la partie programmation et la rédaction, comprenant trente personnes au total, dont huit journalistes », s’enthousiasme-t-elle. Pas si fréquent pour une chaîne nationale de la TNT qui veut « s’adresser à l’ensemble des Français et mettre en avant ceux qui ne se sentaient pas ou peu représentés par les médias ». On cherche d’autres exemples, on n’en trouve pas.
Thierry Wojciak