Élodie Matyjasik

Élodie Matyjasik est une cheffe. La patronne d’une troupe de talents qu’elle constitue sur mesure pour les marques qu’elle accompagne. Si on mesure son talent et sa détermination, c’est sa délicatesse qui nous cueille.

« Je ne suis jamais totalement satisfaite », affirme-t-elle en tenant des deux mains son mug fumant ce matin d’automne, « et j’ai du mal à communiquer sur mes créations ». Élodie Matyjasik, fondatrice et directrice de la création de More and Me Paris, ne joue aucun rôle lorsqu’elle dit cela. Mutique dans les médias, très réputée au sein des maisons de luxe, elle a inventé sa manière de travailler. « Je m’ennuie en agence. Il y a trop de déperdition en matière de créativité », continue celle qui a débuté, un peu par hasard, aux Ateliers ABC, puis comme directrice artistique freelance chez Mazarine, Publicis 133, Havas, Herezie, Marcel. Puis c’est l’aventure chez J. Walter Thompson comme senior art director au niveau mondial pour Cartier, Rolex, De Beers, Louis Vuitton… « Je m’ennuie en agence. De liberté. » Elle fonde More and Me il y a onze ans, notamment pour l’installation de la malle géante Louis Vuitton sur la place Rouge à Moscou. Ses deux premières décennies professionnelles lui ont permis de se faire une « place » dans une industrie exigeante qu’elle connaît sur le bout des doigts. D’abord parce qu’elle l’aime. Puis parce qu’elle bâtit ses créations comme le ferait une architecte. Avec une vision large, profonde et stratégique. Elle est reconnue et connue pour sa vision créative, sa rigueur et son réseau de talents. Et signe des campagnes pour Elie Saab, Bulgari, Lacoste, Fauré Le Page, Carven, Prada, Vuitton, Carolina Herrera… Et ne va pas « là où les conditions font qu’on est certaine de mal travailler », refusant des budgets. Avec sa troupe de fidèles, elle s’adosse à Collective Paris, une maison de production. Si on remonte un peu le temps, aux Arts appliqués, en parallèle de ses cours, elle réalise des dessins techniques et des photographies pour la maroquinerie de Chanel pendant les collections. Elle raconte cette anecdote sans prétention, ne cachant pas que ce fut « difficile ». Huit entretiens ont en effet été nécessaires pour dessiner ces sacs Chanel. Elle y a laissé une empreinte. C’est un mot qu’elle aime beaucoup.

Musique

J’écoute toutes les musiques. J’aime dénicher des artistes, des styles musicaux et travailler avec des compositeurs. Ce que j’apprécie particulièrement, ce sont les émotions que les notes me procurent. C’est une grande source d’inspiration. Je rêve mes campagnes d’abord en musique. J’ai baigné dans un univers musical depuis toute petite avec un père musicien.

Photo

Les instants de lumière fugitifs et naturels sont magiques. Les saisir est un exercice passionnant et difficile.

Création

C’est une puissance créative inouïe, le collectif. C’est mon moteur ! Chaque personne participe à construire un édifice. J’ai la chance d’avoir à mes côtés des personnes fidèles et de très grands talents. La troupe que je monte peut aller de 5 à 50 personnes.

Sentiments

Ce qui nous porte tous, c’est l’amour. On peut aller si loin et si haut avec l’amour… J’essaie de mettre de l’amour dans mon travail. Et de le prouver avec les talents que j’embarque.

Nouvelles technos

Imaginer le monde de demain m’intéresse. C’est une démarche exploratoire qui me force à comprendre les nouvelles technologies. Et notamment les IA génératives que j’envisage comme des partenaires de création, pas comme des raccourcis. Les interactions humains-machines m’intéressent notamment pour le shopping.

Architecture

J’ai une passion pour les ruines. Et avec elles, celle des matières pour reconstruire. Je retape des maisons et des appartements… J’imagine aussi sur des terrains nus ce qui pourrait être construit. J’aime la page blanche…

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