L'autre pays du luxe

L’une des forces de l’Italie, troisième économie européenne, ce sont ses marques de luxe. La Botte abrite entre 50 et 55 % de la production mondiale de produits de luxe.

Rien ne peut rivaliser avec la sensualité de l’Italie. On doit cette affirmation à François Mitterrand, qui caressait alors un marbre de Carrare. Le même que celui de la « Pietà » de Michel-Ange au Vatican. Rien ne peut rivaliser avec Venise, Florence ou la vue depuis la villa Médicis à Rome. Rien ne peut rivaliser avec la vision de Giorgio Armani, la puissance de Ferrari, la délicatesse des imprimés d’Etro, l’audace de Prada qui rachète Versace au nez de tout le secteur ou les baumes de Santa Maria Novella, marque créée en… 1221. Toute personne qui foule cette terre est touchée au cœur. Pour toujours. La via Montenapoleone à Milan a dépassé la 5e Avenue à New York en 2024 comme artère la plus chère du monde, selon le classement de Cushman & Wakefield. Quand l’âme italienne s’échappe hors de ses frontières, on observe le même phénomène de désir. L’exposition « Du cœur à la main », présentée au Grand Palais par Dolce & Gabbana, fut un succès époustouflant. La mode et le luxe sont la troisième industrie en Italie, avec une valeur de près de 100 milliards d’euros. La mode italienne a augmenté de 18 % pour atteindre 98 milliards d’euros en 2022, dépassant les estimations, y compris les secteurs connexes tels que la lunetterie, la bijouterie et la beauté, selon les prévisions du Fashion Economic Trends de la Chambre nationale italienne de la mode (CNMI). Plus globalement, selon les données du Global Powers of Luxury Goods 2022 de Deloitte, l’Italie est le premier pays producteur de produits de luxe en termes de nombre d’entreprises, avec 23 entreprises dans le top 100, qui représentent 8,3 % du chiffre d’affaires des produits de luxe, en comparaison avec la France qui représente 8 % en termes de nombre d’entreprises dans le top 100 mais 34,3 % de chiffre d’affaires généré. Au-delà de la belle photographie, le luxe made in Italy traverse une séquence de scandales. Loro Piana, Dior Italia (LVMH) ou encore Armani ont été épinglés pour des conditions de fabrication et de travail indignes. Le gouvernement italien a réagi en proposant désormais une certification de fabrication pour le secteur du luxe. Une stratégie ferme pour préserver toute cette industrie qui concentre aussi plus d’un million d’emplois selon l’ISTAT, Institut national de statistique italien.

Amelle Nebia

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