Christophe Huck
Dix ans après sa création, Helmut franchit une nouvelle étape symbolique en s’installant dans un lieu à la hauteur de ses ambitions. Un mouvement que Christophe Huck, cofondateur, décrit comme « une évolution logique, presque organique, de la société ».
Depuis quelques mois, les équipes d’Helmut ont pris possession d’un hôtel particulier du XVIIe siècle, l’hôtel de Sabran, niché rue Pastourelle, à deux pas des Enfants-Rouges, dans ce Haut-Marais bouillonnant de galeries, librairies et ateliers. Un quartier qui leur ressemble : « C’est un endroit empreint d’énergie artistique, très vivant culturellement. On s’y sent en phase avec notre ADN : le luxe, le storytelling, la création d’univers narratifs », raconte Christophe Huck. Pour lui, ce choix relève autant de l’image que du quotidien : « On voulait un quartier authentique, inspirant, où nos équipes comme nos clients se sentent bien. »
Un espace pensé comme un outil de travail à part entière
Les 500 m² du site ont été entièrement repensés par la jeune architecte Bella-Pia Richard, en collaboration étroite avec les fondateurs. Une manière de refléter la singularité des métiers d’Helmut – stratégie, création, production et postproduction – qui nécessitent des environnements contrastés. « On doit répondre à des besoins très différents. Les créatifs ont besoin de calme, les équipes de production sont dans l’échange permanent, la postproduction a besoin d’espaces techniques, souvent sans lumière naturelle », explique Christophe Huck. D’où un savant équilibre entre zones ouvertes, bureaux cloisonnés, et un sous-sol dédié entièrement à la postproduction, avec régies, salles d’étalonnage et de retouche. Le travail acoustique a été particulièrement soigné : murs recouverts de feutre, éclairages doux, matériaux apaisants. « On voulait créer une atmosphère sereine, presque enveloppante, loin de l’open space bruyant qui appartient à une époque révolue. Les gens doivent avoir envie de venir. »
Un investissement assumé dans l’ère du travail hybride
À l’heure où le télétravail a redessiné les usages, Helmut fait le choix inverse : réaffirmer la valeur du lieu physique. « Je pense que c’est plus nécessaire que jamais. Après le Covid, on a un peu perdu l’énergie commune, la spontanéité créative. Retrouver un lieu, c’est recréer une synergie, une vie d’entreprise. Et replacer l’humain au centre – surtout à l’heure de l’intelligence artificielle », souligne l’intéressé. L’adresse se mue dès lors en vecteur de culture, de transmission et de cohésion. Un « cocon », selon ses mots, où la créativité peut se déployer pleinement. D’autant que cet emménagement coïncide avec une date importante : les dix ans d’Helmut. « Oui, c’est une forme de maturité. On a enfin un outil de travail qui correspond à nos ambitions et à nos besoins pour les dix prochaines années », analyse le dirigeant qui partage ce projet avec son associé Fernand Loubet, très impliqué sur la dimension immobilière et architecturale.
Une nouvelle décennie ouverte par le lancement de t.ai.lor made
Cette installation accompagne également un tournant stratégique : le lancement de T.AI.lor Made, la content factory nouvelle génération développée par Helmut. Une offre qui intègre de manière structurée les outils d’intelligence artificielle dans un processus repensé de bout en bout. « Dans ce modèle, création et production sont presque fusionnées. On passe beaucoup plus vite de l’idée à l’asset quasi final », explique-t-il. L’objectif : gagner en efficacité, en co-création et en finesse de fabrication, tout en préservant l’approche artisanale chère à la maison – d’où le nom « T.AI.lor Made ». En parallèle, Helmut conserve ses studios de Bagnolet, près de 1 000 m² dédiés à la production. Une complémentarité assumée entre un site technique majeur et une adresse parisienne pensée pour la création et la rencontre.
Fouzia Kamal