Hugues de La Brosse, meilleur réalisateur

Comme un air de cinéma

Pour la seconde année consécutive, Hugues de La Brosse arrive en tête du classement, confirmant un parcours construit sur la cohérence et l’exigence. Un film s’est imposé comme le point culminant de l’année : « Motrio » avec l’agence Buzzman. Issu d’une compétition relevée, le projet a offert à l’intéressé un terrain de jeu rare. « Sur ce type de projet, le mot “film” reprend vraiment son sens », lâche-t-il. Faux western à la chute absurde, Motrio assume une ambition peu fréquente sur le marché publicitaire français et lui permet une collaboration exceptionnelle avec un chef opérateur de renommée internationale, Rodrigo Prieto, collaborateur de Martin Scorsese et Alejandro González Iñárritu. « Au-delà du projet, pouvoir échanger avec lui sur le travail et la mise en scène a été un vrai plaisir, une vraie opportunité », confie le réalisateur.

Si pour ce dernier, le volume de tournage reste comparable à celui de 2024, la différence se situe dans l’échelle des projets. Certaines campagnes, comme celles réalisées pour BforBank, relèvent d’un exercice de comédie désormais maîtrisé. Motrio, lui, occupe une place à part, par son ambition et sa liberté de ton. Le réalisateur observe toutefois un marché de plus en plus contraint. Formats raccourcis, budgets serrés, exigences multiples : « Le format 20 secondes peut être un caillou dans la chaussure, confie-t-il. La comédie, c’est avant tout une question de temps ». L’intéressé de défendre l’importance des versions longues et des formats alternatifs et « quand c’est possible, laisser respirer les films leur donne une vraie vie. » Une approche qui a largement contribué à la visibilité et au succès de « Motrio ». Parallèlement à la publicité, Hugues de La Brosse poursuit ses projets cinématographiques. Un court-métrage est en cours de financement et plusieurs autres projets sont en développement. Sans rupture de registre : « Je reste dans la comédie, avec plus de liberté et plus de risques », convaincu que « plus le contexte est difficile, plus le besoin de rire se fait sentir. »

Fouzia Kamal

Filtrer par