Réussir 2026 : les conseils des agences aux annonceurs

CB LE MAG - Comment réussir en 2026 dans un contexte toujours plus incertain ? À l’occasion de la 46e édition du Grand Prix des Agences de l’Année, orchestré par Henri-Christian Schroeder, des agences lauréates livrent aux annonceurs leurs conseils pour naviguer sur l’année à venir avec lucidité et efficacité.

Steve - Agence de publicité IA de l’année

« En novembre dernier, au Lido, j’ai assisté à The Brand Immersion de l’Union des Marques, dont le thème était cette année : “Naviguer dans le chaos”. Pendant trois heures, le mot chaos est revenu en boucle. Chaos des usages, des plateformes, du monde.

Sur scène, tout était parfaitement structuré : les slides, les chiffres, les méthodes. On expliquait comment les marques devaient apprendre à naviguer, trouver l’équilibre entre différence et cohérence, alors même que plus d’une sur deux n’apporte pas de valeur perçue claire.

En sortant, je n’ai pas eu peur du chaos. J’ai eu peur de la peur. De cette idée insidieuse que le chaos serait devenu une fatalité, et qu’il faudrait désormais avancer prudemment, réduire les risques, attendre que ça se stabilise. Or la théorie du chaos nous dit exactement l’inverse : dans les systèmes complexes, ce sont les décisions assumées, les bifurcations, les prises de risque qui changent la trajectoire.

Mon conseil aux marques pour 2026 est simple : arrêter d’attendre. Le chaos n’est pas un problème à résoudre, c’est un espace à investir. Les marques qui réussiront seront celles qui reprendront le contrôle de leur récit : décider qui elles sont, ce qu’elles défendent, et surtout ce qu’elles font ressentir. Pas en cherchant à tout maîtriser, mais en créant de la désirabilité, du lien, de la culture.

La pop culture est un levier central pour ça, parce qu’elle parle immédiatement, émotionnellement, sans mode d’emploi. Parce qu’elle fédère et embarque.

L’IA, elle, doit être vue non comme un outil de productivité ou d’optimisation, mais comme un accélérateur et un booster au service de notre créativité.

Les fondamentaux tiennent. Ce qui manque aujourd’hui, ce n’est pas de la méthode, mais du courage. En 2026, les marques qui compteront ne seront pas celles qui auront tenté de neutraliser le chaos, mais celles qui auront osé créer dedans. »

Guillaume Lartigue, cofondateur et directeur de la création

Shortcut AI - Agence innovante de l’année

« Le public n’attend plus seulement des messages, il attend des émotions. L’événement demeure un territoire de spectaculaire et d’entertainment – il en est même l’un des derniers – à condition que cette intensité soit pensée, maîtrisée et profondément signifiante. Émouvoir, surprendre, impressionner restent essentiels ; mais jamais pour eux-mêmes. Le spectaculaire n’a de valeur que lorsqu’il sert une intention claire et une expérience sincère.

Le premier conseil est donc celui de l’incarnation. Une marque ne peut plus se contenter d’énoncer ses engagements : elle doit les faire vivre. Cela suppose une exigence accrue dans les choix éditoriaux, scénographiques, artistiques et environnementaux. Le public, aujourd’hui, observe les médias et les réseaux sociaux et perçoit immédiatement la cohérence – ou l’écart – entre le discours et l’acte.

La personnalisation, ensuite, ne relève pas d’un dispositif isolé. Elle est le fruit d’une convergence d’expertises : connaissance fine des publics, création, production, technologies, contenus, data, social media. C’est cette intelligence collective qui permet de concevoir des expériences réellement immersives et esthétiques, capables de parler à chacun tout en fédérant le plus grand nombre.

Enfin, l’innovation doit être abordée comme un langage, non comme une vitrine. Le social-first, les formats hybrides, les narrations immersives prolongent désormais l’événement bien au-delà du temps réel. Un événement réussi en 2026 est à la fois vécu intensément sur le moment et pensé pour être partagé, amplifié, mémorisé.

L’avenir appartient aux marques capables d’assumer une vision, de faire des choix exigeants et de construire, avec leurs agences, des projets ambitieux, spectaculaires et profondément humains. »

Christophe Pinguet, cofondateur

Havas Life Paris - Agence internationale de communication santé de l’année

« Dans un contexte où la santé reste notre bien le plus précieux, la communication ne peut plus se contenter d’exister : elle doit être utile, compréhensible et responsable. Oser, ce n’est pas faire plus, c’est faire juste : créer des messages capables de transmettre des informations complexes avec clarté, humanité et impact.

La performance ne viendra pas uniquement de la technologie ou de la data, mais de la capacité à transformer la science en récits accessibles, crédibles et engageants. Des récits qui renforcent la confiance, accompagnent les professionnels de santé et éclairent les patients, sans jamais simplifier à l’excès.

Mon conseil aux annonceurs est d’oser investir dans la créativité comme un levier stratégique au service du sens : une créativité rigoureuse, éclairée par la science, connectée aux usages réels et pensée pour durer.

En 2026, réussir en santé, ce sera avant tout oser créer pour mieux faire passer les messages qui comptent auprès de toutes ses parties prenantes. »

Roxane Philippe, general manager

Monet RP - Agence de relations publics de l’année

Conversationnel - Agence digitale de l’année

« Les périodes de crise sont des périodes exigeantes où seul(e)s celles et ceux qui oseront changer, se transformer, accélérer, sortiront grandi(e)s. J’ai toujours vu ces périodes comme une opportunité de prendre des parts de marché plus rapidement que lorsque tout va bien. Comme si la prime était donnée à ceux qui agissent plutôt qu’à ceux qui font le dos rond.

Vous devriez embrasser l’IA et la data comme solutions pour augmenter vos équipes et vos agences, pas seulement sous le prisme de la productivité, mais à la recherche de plus de créativité, de plus de justesse, de plus de fluidité et de consistance pour votre marque.

Vous devriez commander un MMM pour driver avec précision vos investissements.

Vous devriez faire confiance à des agences plus agiles, plus innovantes, qui vont vous faire découvrir de nouveaux outils, de nouveaux formats, de nouveaux modèles de rémunération, au service de votre efficience, pas seulement de la leur. Des agences dirigées par des entrepreneurs qui seront là dans les bons comme dans les moins bons moments, avec vous, dans le même bateau, pas à côté, pour vous aider à prendre les bonnes décisions et à les exécuter avec précision.

Alors osez. »

Julien Monet, président du groupe Ceetadel

Helmut - Agence luxe de l’année

« En 2026, la clé sera moins de faire plus… que de faire juste. Dans un monde saturé de contenus, les marques qui réussiront seront celles qui sauront affirmer un point de vue, et surtout, créer des expériences sincères. Créer des expériences sincères, c’est aligner le fond et la forme : ce que la marque dit, montre et doit raconter en une seule et même histoire. C’est assumer une parole claire, parfois plus simple, parfois plus silencieuse, mais toujours honnête. C’est aussi accepter l’imperfection. À l’ère de l’IA, le trop lisse sonne faux. L’émotion naît souvent d’un détail, d’un geste, d’une imperfection maîtrisée. La technologie, et notamment l’intelligence artificielle, ne doit pas produire davantage d’artifice, mais amplifier l’intention. Bien utilisée, elle libère du temps, de la créativité et de la précision pour se concentrer sur l’essentiel : l’émotion juste. En 2026, les marques qui créeront un lien fort seront celles qui auront le courage d’être vraies, pas parfaites. »

Christophe Huck, cofondateur

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