La sélection de Nicolas Thiboutot

Le directeur de la création de Dagobert puise ses sources d'inspiration dans des références culturelles établies mais aussi du quotidien.

Dans un univers saturé de contenus, Nicolas Thiboutot cherche avant tout à provoquer « un scroll stopper », sourit-il. Quelques secondes d’attention, parfois moins, pour accrocher un regard et susciter l’envie d’aller plus loin. Le DC de Dagobert pense la création comme une combinaison subtile entre intelligence de l’idée, impact visuel et justesse du ton. Sa formation au design marque encore profondément sa manière de concevoir la création. « J’ai toujours pensé en images », explique-t-il. Trouver le bon cadrage, le twist visuel, l’élément graphique capable de créer un hook immédiat. Une obsession d’autant plus forte que la qualité visuelle est désormais omniprésente. « Tout est de plus en plus beau. Pour se démarquer, il faut surprendre, mais sans artifice. » Arrivé à Paris en 2011 après une première partie de carrière au Canada, Nicolas Thiboutot apporte avec lui une culture nord-américaine assumée, plus directe, plus audacieuse dans le ton. Une approche qui se confronte à une culture française plus analytique, plus encline à creuser les sujets. De ce frottement naît un regard hybride, où l’exigence du fond dialogue avec l’efficacité du geste créatif. Mais c’est surtout hors du champ publicitaire qu’il puise ses principales sources d’inspiration. Art contemporain, art digital, performances artistiques, galeries et musées nourrissent son imaginaire. Il s’intéresse particulièrement aux artistes qui détournent les codes, reconfigurent les usages et déplacent les perceptions. « J’aime les œuvres qui prennent un objet, une image ou un code connu et le racontent autrement », confie-t-il. Une inspiration qui ne se nourrit pas exclusivement de références culturelles légitimes, mais aussi du quotidien. « On ne vit pas dans la publicité. On vit dans le monde. » Un immeuble banal, une situation vécue, un moment inattendu peuvent devenir des déclencheurs créatifs, à condition de savoir regarder ailleurs et autrement.

La Lom (Los Angeles League of Musicians)

Tropical Twin Peaks. À écouter fenêtre baissée en roulant sur Sunset BLVD ou le 11 février au Trabendo.


Rick Rubin

Malgré l’aversion pour la créativité publicitaire de ce producteur de bangers américain, j’ai été happé par la Rickamania. Sa manière de cristalliser la réflexion créative en quatre lignes simples me fascine.

Be More Lynch

Vous avez sûrement tous été retargetés sur Instagram par cette mine à ciel ouvert de talks inspirants. Celle où David Lynch (RIP) philosophe sur le cinéma clope au bec est à mettre en bruit fond de vos activités quotidiennes. Best quote : « Si tout le monde comprend, c’est probablement trop lisse. »

Kent Monkman

Cet artiste des premières nations dézingue la conquête coloniale à grand coup de partouzes queercomplètement déjantées. Juste quand on pensait avoir fait le tour de la peinture.

Les Douze Travaux d’Astérix

Ce film d’animation est une Madeleine de Proust, truffée de références créatives impérissables. Certaines animations m’ont même permis de vendre des idées jusque chez Hermès Sellier. Je ne suis pas à l’abri d’en ressortir une au prochain AO.

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