La sélection de Nadège Loiseau

Elle signe le “live action” du phénomène “Le Loup” d'Intermarché. La réalisatrice Nadège Loiseau, récemment primée au dernier festival de Luchon, est le visage de ce En Marge printanier. Cette saison lui va bien.

Signe distinctif pour se reconnaître au café ce matin froid de février : la couleur de nos bonnets. Rose pour elle. Nadège Loiseau, réalisatrice du «live action» du film «Le Loup» pour Intermarché. «Divine, ma boîte de prod, m'a proposé de participer à la compétition lancée par Romance. J'ai gagné et on a tourné le jour le plus chaud de la canicule en juillet, l'année dernière !» se souvient-elle. «Un tournage heureux réalisé à la hauteur d'un enfant de six ans. L'universalité des thématiques liées à la famille m'a toujours inspiré. Les pubs Intermarché sont des classiques du genre et j'ai été heureuse d'y apporter ma patte.» Cette Lilloise, diplômée de l’École supérieure des arts appliqués et du textile (ESAAT) de Roubaix et de Sup de création, a débuté chez DDB comme directrice artistique. Période Bertrand Suchet, Olivier Moine ou encore Nicolas Chauvin. «J'y suis restée trois ans. Le temps de comprendre que je voulais réaliser. Le déclic fût le travail de Xavier Giannoli pour Volkswagen», raconte-elle. Le jeu des acteurs fait partie de son parcours et de ses passions (avec les arts appliqués). Pas comme comédienne mais comme directrice d'un club de theâtre pour adolescents à Lille. En quittant l'agence, elle écrit, réalise, joue, monte son premier court-métrage en 2007, «Une femme parfaite», dans la collection Les Films faits à la maison de Canal+. C'était «dur cette période», se souvient-elle. «Pour devenir réalisatrice, il faut tourner... Se faire connaître et être reconnue.» Elle continue à réaliser des films publicitaires, beaucoup de «films de care et de beauté pour Narta, Nett, Colgate, La Redoute...». Un territoire comme «réservé» aux rares femmes réalisatrices d'alors. «Je me suis appliquée et j'ai fini par dire aux agences et aux boîtes de prod que j'avais le permis de conduire, un compte en banque...», sourit-elle. Après son deuxième court «Le Locataire», elle réalise «Le Petit locataire», son premier long-métrage, il y a dix ans. Puis «Trois fois rien» en 2022. Elle tourne des séries pour Netflix («Christmas Flow»), France Télévisions, TF1. Au dernier f​​estival TV de Luchon, elle remporte le Prix de la meilleure réalisation pour «Une relation dangereuse» avec notamment Ophelia Kolb, sacrée meilleure actrice. «La Cate Blanchett dans mon panthéon des actrices.» Le mot femme, souvent utilisé au pluriel ce matin-là au café, teinte son récit et toute son œuvre. Dans son panthéon personnel, elle a trois sœurs et trois filles... Et sa muse n'est pas une femme.

Les actrices

J’ai une fascination pour les actrices au physique «lambda». Des femmes brillantes qui osent être drôles comme Karin Viard, Laure Calamy, Tiphaine Daviot, Alix Poisson, Estelle Meyer, Laura Felpin…Et chez les anglo-saxons, Greta Gerwig, Tony Colette, Diane Keaton…  

La muse

Philippe Rebbot joue dans tout ce que je tourne. Dans mes deux longs-métrages « Le Petit locataire » et « Trois fois rien », « Christmas Flow » sur Netflix et « Une relation dangereuse » sur France 2 (primé trois fois à Luchon). J'ai une passion pour lui.

Le texte

Je lis beaucoup. Toute l’œuvre de Jonathan Trooper, «Le Livre de Joe» ou «Une dernière chose avant de partir». Les thématiques sont là encore souvent familiales, il questionne la place qu’on a, celle qu’on prend, celle qu’on laisse. Je peux citer aussi Nick Hornby, toute l’œuvre de Marie Laure Bondoux, Adeline Dieudonné pour sa puissance, «L’Art de la chute» de Guy Foissy et toute l’œuvre de Fabcaro. J’ai eu la chance de découvrir après tout le monde « Et si l’amour c’était aimer ? ». J'en ris encore. J'aime beaucoup la littérature jeunesse comme «Dieu me déteste», d’Hollis Seamon.

Martin Parr

Je l'ai découvert assez jeune chez mes parents. Ce regard plein de poésie, jamais moqueur sur les personnes, c'est ce que voyais sur les plages belges que je fréquentais. Son genre photographique est tellement juste. C'est sublime aussi parce qu'il a en quelque sorte autorisé ce genre de photo à exister.

Girl Power

De Céline Dion à Théodora, dont je suis fan, en passant par Camille, Christine and the Queens, France Gall et j’attends avec impatience le prochain album d’Aloïse Sauvage. Et puis Beyoncé, Rihanna évidemment. Bref, je n’ai pas de fixettes. En fait si, ce sont toutes des femmes. 

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