Coupe du monde football : M6 renonce aux publicités des opérateurs de jeux d'argent pendant les « pauses fraîcheur »

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La Coupe du monde de football qui se déroulera aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada a beau n’être que dans le quelques mois (11juin-19 juillet), le secteur des paris en ligne est d’ores et déjà mis sous pression par Autorité de régulation des jeux en ligne (ANJ). En effet, dans un communiqué vendredi, celle-ci l’a appelé à « ne pas dépasser les budgets annoncés ». L’Autorité s’appuie ainsi sur son examen rendu public début janvier dernier des stratégies promotionnelles 2026 des opérateurs de jeux d’argent et de hasard, et constatait une forte augmentation de leurs budgets promotionnels (+ de 25%), notamment justifiée par un calendrier marqué par l’événement Coupe du Monde de football.

L’ANJ pointe concrètement l’introduction de « pauses fraicheur » initiées par la FIFA, organisateur du tournoi, qui conduit à l’introduction de deux fois 2 minutes de pauses publicitaires supplémentaires (une par mi-temps) au cours de chaque match. Face à la crainte, dans ce cadre, d’une « intensification » de la pression publicitaire, l’Autorité indique avoir échangé avec l’ADMTV (ex SNPTV) qui l’a informée « qu’un diffuseur majeur avait décidé de ne pas commercialiser les pauses fraîcheurs aux annonceurs du secteur des jeux d’argent », sans plus de précision. Contactée par CB News, l’ANJ nous a précisé qu’il s’agissait bien de M6, diffuseur en clair de l’événement. Le groupe audiovisuel privé s’étant en outre engagé « à respecter les chartes de bonnes conduites et recommandations fixées par l’ARCOM, l’ANJ et l’ARPP depuis 2022 ».

Pour l'instauration du "Whistle to whistle ban"

Quoi qu’il en soit, l’ANJ appelle « l’ensemble des acteurs concernés, diffuseurs comme opérateurs de jeux d’argent, à faire preuve de modération dans la valorisation de ces nouveaux espaces (publicitaires), y compris dans l’activation de leurs partenariats ». Elle réitère enfin son appel « au respect par les diffuseurs des règles d'interdiction de la publicité pour les offres illégales de jeux d'argent et de hasard, en particulier de casinos en ligne ». Enfin, l’ANJ demande au législateur de se saisir « à l’avenir » de sa proposition d’instauration du « whistle to whistle ban » (interdiction de la publicité pour les jeux d’argent cinq minutes avant, pendant et cinq minutes après la diffusion d’un évènement sportif, NDLR) et d’un « encadrement renforcé » du sponsoring pour les événements sportifs majeurs.

Quels montants pour les pubs pendant le « Power Break » ?

M6 a récemment dévoilé le détail de ses offres commerciales pour la Coupe du Monde. Ainsi, le « Power Break », c’est son nom, sera-t-il commercialisé 155 000 € Brut HT (base 20’’) pour le match d’ouverture opposant le Mexique à l’Afrique du Sud le 11 juin (21h). Le 1er match de l’Equipe de France (contre le Sénégal le 16 juin, 21h) verra le montant de ce nouvel espace publicitaire s’établir à 315 000 €, la seconde rencontre (22 juin, à 23h) à 200 000 € et la troisième (26 juin, 21h) à 325 000 €. Pour les 16ème de finale, avec l’Equipe de France, les tarifs s’établissent selon l’horaire du match, allant donc de 305 000 € (19h) à 270 000 € (23h), en passant par 35 000 € (3h du matin), 295 000 € (18h), 330 000 € (22h), 35 000 € (6h et 3h30 du matin) ou encore 52 000 € (5h du matin). Pour le 8ème de finale, toujours avec les Bleus, le spot de 20’’ le plus cher sera de 340 000 € pour un match à 22h et pour le quart de finale : 370 000 € (21h). Pour la demi-finale avec l’Equipe de France, l’espace sera commercialisé 390 000 € pour une rencontre à 21h et 155 000 € à 23h pour la « petite finale » (rencontre pour la 3ème place). Quant à la finale, avec la présence de la France, le montant de la publicité pendant le « power break » passera à 425 000 € Brut HT, toujours sur la base d’un 20’’.

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