Covid-19 : la France anesthésiée selon l’INSEE

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L'économie française est comme un "organisme placé sous anesthésie" qui "n'assure plus que ses fonctions vitales", a constaté jeudi l'Insee. Le secteur marchand hors loyers est presque réduit de moitié (49%) avec le confinement. Loyers compris il perd encore 41% de son activité, contre 35% pour l'économie française dans son ensemble, d'après la dernière note de conjoncture de l'Institut national des statistiques. Le climat des affaires pour le mois d'avril, un indicateur synthétique calculé par l'Insee à partir de réponses des chefs d'entreprise sur leur activité, a lui plongé à son plus bas historique, nettement en-dessous de son précédent niveau plancher de mars 2009, durant la crise financière. Dans le secteur de l'hébergement et de la restauration, très durement touché par le confinement qui a mis un coup d'arrêt à la très grande majorité de ses activités, le "plancher théorique" est atteint pour cet indicateur : la totalité des personnes interrogées se montrent pessimistes sur ses perspectives. La construction s'effondre de 79%. L'hébergement et la restauration disparaissent presque avec 91% d'activité en moins. L'industrie résiste mieux avec seulement 39% de perte.

Plus généralement, "malgré des taux de réponse affaiblis, les enquêtes retracent clairement la très lourde chute des perspectives d'activité dans l'ensemble des grands secteurs économiques", relève l'Insee. L’organisme rappelle que "la moitié des salariés se trouvaient, fin mars, dans une entreprise dont l'activité s'est arrêtée ou a diminué de plus de moitié".  Si des licenciements massifs ont pu être évités grâce au dispositif de chômage partiel, qui concerne désormais un salarié sur deux, la situation sur le front de l'emploi sera déterminante pour la reprise dans les mois à venir. "La bonne question, c'est comment est-ce qu'on maintient l'emploi, pas comment est-ce qu'on fait travailler plus les Français", a déclaré le ministre de l'Économie Bruno Le Maire sur francinfo, prévenant que le redressement serait "long, difficile et coûteux".

"Pendant la période de confinement, la perte de revenu national aura été considérable : la majorité sera absorbée par la hausse du déficit public, mais une part non négligeable restera au compte des entreprises", constate l'Insee dans sa note qui précise que "les ménages seront également affectés".   Le comportement de ces derniers sera décisif pour la reprise, alors que leur consommation, principale composante du PIB, est actuellement "inférieure de 33% à sa normale", selon l'Insee.

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