Les palaces parisiens ouvrent à nouveau

Plaza Athénée

Les 550 employés du Plaza Athénée le 31 août 2020

Après cinq mois et demi d'inactivité, les palaces de Paris entament une périlleuse réouverture avec leurs offres de restauration ou leurs spas. Privés de touristes étrangers, avec des réservation en berne, la plupart de ces établissements ont repoussé leur réouverture. Moins d'un cinq étoiles parisien sur trois a repris son activité cet été, recense le cabinet spécialisé MKG Consulting, contre 68% dans le reste du pays et 100% sur le littoral. "Les palaces sont la vitrine du tourisme haut de gamme à Paris, c'est du rêve, du glamour, du savoir faire en termes de gastronomie, de patrimoine: les chefs étoilés vivent de leur clientèle, toute la filière a intérêt à ce qu'ils retrouvent leur place", dit à l'AFP Vanguélis Panayotis, président de MKG, "pour ceux qui rouvrent, il y a une vraie prise de risque, parce qu'ils vont être à des niveaux de fréquentation très bas, 30% ou 20%, ce qui n'est clairement pas suffisant pour faire tourner de si gros paquebots qui offrent des prestations de luxe: room service 24h/24, conciergerie, voiturier...En temps "normal", Français et Européens ne représentent que 25% de la clientèle des cinq étoiles parisiens, les trois quarts venant des Etats-Unis, du Japon, de Chine, du Moyen-Orient, du Brésil ou de Russie.Ces établissements ont "une responsabilité sociétale vis-à-vis des boutiques, des chauffeurs de taxi, des boutiques qu'ils font vivre autour d'eux, et de leurs fournisseurs", renchérit François Delahaye, patron du Meurice et du Plaza Athénée. Ces deux palaces ont rouvert mardi 1 er septembre, tout comme le Bristol et le Park Hyatt Paris-Vendôme, mais certains gardent portes closes, comme le Lutetia, qui attend le 24 septembre. "Nous avons rouvert les spas, le restaurant gastronomique -Alain Ducasse- du Plaza, qui marche bien, mais pas celui du Meurice, on attend le 22, parce qu'on n'avait pas assez de réservations" continue François Delahaye. Quant au Ritz et au Crillon, ils ont été les premiers à se jeter à l'eau, le 24 août. Le Meurice et le Plaza Athénée, dont la clientèle majoritaire est américaine, vont certes "perdre de l'argent, mais il faut jouer le jeu pour relancer la machine. Et grâce au dispositif de chômage partiel mis en place par l'Etat, sur les 550 employés, il n'y en a que 180 qui travaillent, les autres reviennent une semaine sur deux", précise encore François Delahaye, "sans cela, on serait obligés de licencier nos employés, ce qui serait un drame et ferait des chômeurs à indemniser, donc cette aide du gouvernement est astucieuse". Pour séduire les Parisiens, le restaurant étoilé du Park Hyatt, Pur, qui rouvre le 16 septembre, proposera aux clients de créer leur menu de 3, 6 ou 8 plats signés par le chef Jean-François Rouquette. Son directeur général, Claudio Ceccherelli précise "n'avoir que quelques chambres occupées, mais nous espérons que les réservations vont augmenter. Il faut être positifs ! Même si nous n'avons pas de visibilité sur les évènements comme Roland Garros ou la Fashion week...".   Pour la Fashion Week, le géant du luxe LVMH "qui réservait 1 250 nuitées, est tombé à 250", explique aussi François Delahaye, "parce qu'ils invitaient des Américains, des Chinois, qui ne sortent pas de leur pays à cause de la quatorzaine".
En dix ans, le nombre de chambres des palaces parisiens a doublé, à 1 800 chambres, contre 80 000 pour l'ensemble du parc hôtelier de la capitale. Hormis l'hôtel Bulgari, qui doit ouvrir en 2021, les projets d'hôtels de luxe devraient se tarir.

 

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