L'Alliance de la Radio veut le maintien du plafonnement publicitaire de Radio France et son élargissement au numérique
L'Alliance de la Radio qui regroupe la quasi-totalité du secteur de la radio privées*, a lancé lundi un appel au Gouvernement intitulé « À radios publiques, financement public ». Celle-ci réagit en effet à l’adoption par la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale d’un amendement à la proposition de loi dite « Lafon » visant à supprimer le plafond actuel en valeur des recettes publicitaires de Radio France, actuellement fixé à 42 millions €, dans le cadre de son contrat d’objectifs et de moyens (COM). Pour l’Alliance, il s’agit-là de « positionner l’audiovisuel public comme un acteur commercial à part entière ». Elle considère même comme « inacceptable » la mise en avant des motifs d’un tel changement qui voudraient qu’un « tel plafonnement conduirait à (…) empêcher (Radio France) de bénéficier des retombées financières de (ses) succès d’audience » et d’une « prétendue complexité de gestion pour la régie publicitaire ». Le syndicat en profite pour rappeler que les radios du service public « bénéficient d’un accès privilégié aux ressources hertziennes via réservation prioritaire des fréquences et d’un financement public annuel supérieur à celui de l’ensemble des recettes publicitaires nationales des radios privées ». L'Alliance de la Radio insiste en outre sur les récentes annonces de Radio France d’une « bascule stratégique » de sa diffusion, « que nous contestons », pointe le communiqué, avec un souhait de permutations de fréquences au profit de franceinfo et ici, « deux antennes qui bénéficient d’un accès à la publicité commerciale contrairement à France Musique et Mouv' ».
Dans ce contexte, l’Alliance appelle « d’urgence » les pouvoir publics à notamment maintenir le plafond actuel en valeur des recettes publicitaires de Radio France, « et de l’étendre au digital et aux recettes issues des campagnes d’intérêt général » dans la future convention stratégique de la holding de l’audiovisuel public, France Médias, dont la constitution devrait être en discussion au Parlement en juillet prochain. Elle souhaite également que soit « encadré et contrôlé strictement » le plafond et les durées de diffusion de publicité sur les antennes linéaires et les services numériques qui ont accès à la publicité et de sanctionner en cas de manquement ; enfin, d’établir une trajectoire « claire » de réduction progressive du financement publicitaire de l’audiovisuel public.
*: L’Alliance de la Radio regroupe les radios RTL, RTL2 et Fun Radio (radios du groupe M6), NRJ, Nostalgie, Chérie FM et Rires et Chansons (radios du groupe NRJ), les 178 radios locales, régionales, thématiques et généralistes indépendantes adhérentes au SIRTI, Europe 1, Europe 2 et RFM (radios du groupe Lagardère Radio), RMC et BFM Business (radios du groupe RMC BFM), Radio Classique (radio du groupe Les Échos Le Parisien) et Skyrock et Skyrock Klassiks (radios du groupe Nakama).