Audiovisuel public: la commission d'enquête donne "un triste spectacle", selon son président
Le député Jérémie Patrier-Leitus a demandé la fin ''de la calomnie, des pressions et des ingérences extérieures".
Émaillée d'incidents depuis son lancement, la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public donne "un triste spectacle", a déploré jeudi son président, en jugeant nécessaire "que la calomnie, les pressions et les ingérences extérieures cessent". "Je souhaite que cette commission d'enquête aille à son terme (...) et j'en appelle à notre responsabilité collective pour garantir le cadre digne et sérieux de nos travaux", a déclaré son président, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), avant l'audition de la ministre de la Culture, Rachida Dati. Il en va selon lui du "respect (...) que nous devons aux Français qui nous regardent et qui se désolent bien trop souvent du triste spectacle que nous pouvons donner".
Créée à la demande de l'UDR d'Éric Ciotti, parti allié du Rassemblement national qui prône la privatisation de l'audiovisuel public, la commission a été émaillée d'incidents depuis son lancement fin novembre et ses travaux se sont déroulés dans un climat souvent tendu.
Arrêter les "suspicions"
Un vif accrochage l'a opposé mercredi au rapporteur de la commission, le député UDR Charles Alloncle. Ce dernier s'est interrogé sur d'éventuels "liens" que pouvait avoir M. Patrier-Leitus avec des actionnaires de la société de production Mediawan, ce que l'intéressé a vivement démenti. Cela l'a conduit à mettre un terme prématurément à l'audition de quatre anciens ministres de la Culture. "J'ai échangé avec monsieur le rapporteur hier soir", a poursuivi jeudi M. Patrier-Leitus, assis aux côtés de M. Alloncle. Le président de la commission a appelé au "respect d'une règle essentielle et non négociable, fonder des questions sur des faits et non sur des suspicions".
Outre cet incident, M. Patrier-Leitus a assuré qu'il s'était produit mercredi "un fait inédit et grave dans l'histoire de la Cinquième République, qui s'apparente à des pressions et à des tentatives d'intimidation". Il visait l'avocat Gilles-William Goldnadel, par ailleurs chroniqueur de la chaîne privée CNews, qui a annoncé vouloir "saisir la justice" au nom du syndicat CGC de l'audiovisuel. Ce syndicat affirme n'avoir pas été convoqué par la commission d'enquête. "J'ai bien entendu convoqué ce syndicat et je tiens à la disposition de la justice la preuve de cette convocation", a assuré M. Patrier-Leitus. "Il est temps, je crois, que la calomnie, les pressions et les ingérences extérieures cessent afin que cette commission d'enquête puisse travailler sérieusement et sereinement", a-t-il conclu.