Canal+ atteint sa « taille critique » et s’allie à OpenAI et Google Cloud

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Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+ (© Régine Mahaux/Canal+)

En trois communiqués distincts, le groupe Canal+ a annoncé mercredi ses résultats financiers 2025 ainsi que ses accords autour de l’intelligence artificielle (IA) avec OpenAI et Google Cloud.

Ainsi, quelques mois seulement après avoir intégré en son sein le groupe sud-africain Multichoice et fait stopper son service de streaming ShowMax, le groupe audiovisuel privé s’est-il félicité d’avoir atteint en 2025 sa « taille critique », selon son président du directoire Maxime Saada, pointant dans la foulée « une année de transformation réussie ». Le résultat opérationnel ajusté (EBITA) de Canal+ a en effet atteint 542 millions d'euros, avec un taux de marge de 8,7%, contre 503 millions et 7,8% en 2024. Canal+ et MultiChoice combinés ont enregistré un chiffre d'affaires de 8,7 milliards. « Nous avons atteint notre objectif de chiffre d'affaires et dépassé nos objectifs en matière de rentabilité et de génération de trésorerie », souligne le dirigeant. Côté Europe, Canal+ entend poursuivre ses « efforts » en 2026 pour améliorer sa rentabilité, anticipant un EBITA ajusté de 735 millions d'euros. En Afrique, il compte prendre « des mesures pour tirer pleinement parti de la croissance du continent avec pour priorité le redressement de MultiChoice », dont la rentabilité a diminué ces dernières années du fait, notamment, « des effets des facteurs macro -économiques négatifs et de l’échec commercial et financier de Showmax ». En 2026, 100 millions d’euros seront investis pour « accélérer le retour à la croissance » de MultiChoice.

Quoi qu’il en soit, avec le rachat de Multichoice, le groupe revendique 40 millions d'abonnés dans plus de 70 pays (contre 25,7 millions auparavant) et prévoit d'économiser 400 millions d'euros par an à partir de 2030 grâce aux synergies de coûts. Canal+ en profite également pour rappeler qu’en 2025, il avait mis un terme à ses contentieux avec l'administration fiscale française, et qu’il avait renouvelé jusqu'en 2031 les droits exclusifs de l'intégralité des coupes de l'UEFA de football en France.

Des accords avec OpenAI et Google Cloud

Le groupe Canal+ a par ailleurs annoncé deux accords autour de l’IA. Le premier concerne OpenAI avec qui Canal+ déploiera dès juin prochain sa technologie dans son application afin d’enrichir la recherche et la découverte de contenus. Au-delà de la traditionnelle recherche par mots-clés, les abonnés pourront rechercher ce qu’ils « souhaitent regarder avec leurs propres mots (…) et recevoir des recommandations de contenus parfaitement adaptées à leur demande », avance un communiqué. Avec Google Cloud, en outre, Canal+ s’appuiera sur les technologies de la filiale de Google pour dès juin prochain également, « accélérer l’indexation vidéo de ses contenus ». La nouvelle classification permettra au groupe audiovisuel d’ainsi « disposer d’une base de données multimodale avancée, combinant des données audio, vidéo et textuelles ». De quoi permettre aux abonnés d’accéder à une homepage sur-mesure de l’application, basée sur les préférences de visionnage. « La constitution d’une base de données à la granularité aussi fine ouvre la voie à de multiples utilisations pour le groupe », pointe-t-il.

Quand l’IA vidéo fait son entrée auprès des partenaires de production

Enfin, Canal+ s’appuiera également sur Veo3, la nouvelle technologie vidéo d’IA générative de Google, pour proposer à ses partenaires de production et à ses équipes créatives de nouveaux outils « au service de la création ». Des technologies qui permettront, en autres, selon Canal+, de prévisualiser une scène avant son tournage ou encore de recréer des moments historiques à partir d’une simple photographie d’archives. Se voulant rassurant avec ce partenariat qui « garantit un environnement technique dans lequel les droits et la propriété des contenus seront pleinement protégés », les partenaires de Canal+ « conserveront un contrôle total sur leurs productions et leurs choix éditoriaux, tout en bénéficiant de cycles d’expérimentation plus courts pour tester de nouvelles approches créatives en gardant la maîtrise des coûts du processus », insiste Canal+. La plateforme technique sécurisée et les nouveaux outils seront d’ailleurs mis à disposition des sociétés de production souhaitant les utiliser dans la production des films soutenus par Canal+.

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