Canal+ dévoile en grande pompe sa line-up 2026
Canal+ a sorti le grand jeu mardi à L’Olympia avec l’organisation de The Original+, premier événement du genre pour le groupe avec la présentation de sa line-up 2026.
Avec pour maitre de cérémonie l’humoriste Thomas Njigol, le premier à investir la scène de la mythique salle de spectacle, fut le président du directoire du groupe audiovisuel, Maxime Saada. « Nous sommes fiers d’avoir été le premier ‘+’. Mais aussi les premiers sur la Ligue 1. Les premiers sur le porno. Et on a gardé le porno », s’amuse-t-il. Le ton était donné. Puis d’ajouter, provocateur : « il ne suffit pas de nous voler le ‘+’ pour être Canal+, car Canal+ est une audace dans un monde où on a peur de dire ». Le dirigeant s’appuie ainsi sur la force de frappe de son groupe aujourd’hui mondial avec le sud-africain Multichoice maintenant dans sa besace, revendiquant au passage 200 millions d’euros d’investissements dans les films (80 par an) et les séries (20 par an). De quoi pouvoir dérouler le programme des réjouissances à l’attention de ses abonnés.
Du côté des productions StudioCanal, plusieurs projets de films ont ainsi été dévoilés. Parmi eux, sur scène, Pierre Niney a annoncé la sortie le 28 janvier prochain du film « Gourou » réalisé par Yann Gozlan, tandis que Leïla Bekhti tiendra le rôle principal dans « Changez l’eau des fleurs » réalisé par le désormais rare réalisateur Jean-Pierre Jeunet, qui sortira également en 2026. Projet phare, également, une nouvelle adaptation du roman « Les Misérables » réalisé par Fred Cavayé, avec Vincent Lindon, Tahar Rahim, Benjamin Lavernhe, Noémie Merlant, Vassili Schneider, Marie Colomb et Megan Northam (sortie 9 décembre 2026). Jonathan Cohen a quant à lui été choisi par StudioCanal afin d’écrire et réaliser « Les 12 Travaux d’Astérix », adapté du dessin animé de Goscinny et Uderzo, tandis que Maïmouna Doucouré réalisera un biopic sur Joséphine Baker. De séries ont également été annoncées, bénéficiant du soutien des sociétés de production partenaires de StudioCanal. Au programme, notamment, une deuxième saison pour la série « Has Fallen » rebaptisée « Apollo Has Fallen ». De même, le mythique film réalisé par Jean-Pierre Melville « L’Armée des ombres » (1969) connaitra une version série avec « un grand réalisateur prochainement annoncé », assure le groupe. En 2026, les abonnés Canal+ pourront voir « F1 », film réalisé par Joseph Kosinski, « Chien 51 » de Cédric Jimenez ou encore « Valeur Sentimentale » de Joachim Trier, « Une Bataille après l’autre » de Paul Thomas Anderson, et « Connemara » réalisé par Alex Lutz.
Baron Noir, saison 4
Parmi les Créations Originales Canal+, le groupe a annoncé le prochain tournage de la saison 4 du Baron Noir, alors que Florence Longpré et Thomas Ngijol ont sur la scène de l’Olympia annoncé le tournage prochain de « Empathie 2 » et que Florence Foresti prépare la saison 2 de « Désordres ». De même, Tahar Rahim sera sur le devant de la scène avec la série d’action « Prisoner » (création originale Canal+, avec Sky). Enfin, BRI 2 sera sur les antennes de Canal dès janvier prochain tandis que la série adaptée du film de Jacques Audiard, « Un prophète », sera quant à elle diffusée au printemps 2026. Pour les documentaires Canal+ a fait monter sur scène l’ancien capitaine des Bleus de football et triple Ballon d’or Michel Platini. L’éternel n°10 y a dévoilé un 6x30 minutes sobrement intitulé « Platini », réalisé par Guillaume Priou (produit par Chengyu Prod) où il racontera sa vie, de Nancy aux plus hautes instances du football. D’autres temps forts sont prévus avec « Bernard Tapie », « Romain NTamack, tu sera un homme mon fils », « Enzo Ferrari » ou encore « Fabio Quartararo »…
Une adaptation française du Saturday Night Live
Canal+ a outre annoncé que le mythique » Saturday Night Live », créé par Lorne Michaels en 1975, est diffusé chaque samedi soir sur NBC, en direct de New-York et en public, sera prochainement adapté en France sur son antenne. Enfin, pour fêter les 20 ans du « Jamel Comedy Club », Jamel Debbouze a indiqué sur scène qu’il souhaiterait que ces festivités soient tournées au sein de la Comédie française rien que pour rebaptiser son programme le « Jamel Comedy française ». Le tout étant de prévenir l’institution et de lui demander l’autorisation. Le message est passé…
Invité surprise : Ted Sarandos (Netflix)
Puis, petite surprise sur la scène mardi. Maxime Saada avait convié le patron de Netflix Ted Sarandos pour un échange. L’un en face de l’autre, chacun sur son fauteuil, la conversation a forcément porté sur l’offre de rachat de 83 milliards de dollars de la part du service de streaming sur Warner Bros*. M. Sarandos a assuré vouloir maintenir la distribution des films Warner Bros en salles en cas de rachat du studio par son groupe, malgré ses déclarations antérieures qualifiant l'expérience cinéma de "concept dépassé". "Mes déclarations au sujet de la distribution des films en salle ces dernières années font que les gens ont du mal à comprendre nos intentions", a observé le directeur général de Netflix, interrogé par le président de Canal+
"Notre intention, lorsque nous rachèterons Warner Bros, sera de continuer à sortir les films du studio en salles, avec les fenêtres traditionnelles", en respectant la chronologie des médias qui régit le calendrier de diffusion des films, a promis Ted Sarandos. Netflix a commencé à produire des programmes originaux il y a 12 ans, a-t-il rappelé, et "notre catalogue ne remonte qu'à une décennie alors que celui de Warner Bros s'étend sur cent ans", a-t-il ajouté. "Donc ils connaissent beaucoup de choses que nous n'avons jamais faites, comme la distribution en salles", a-t-il reconnu.
"Nous n'avons jamais possédé de mécanisme de distribution en salles", a poursuivi le directeur général de la première plateforme de streaming au monde avec plus de 300 millions d'abonnements. Les studios privilégiant la sortie des films en salles "sont des activités très solides", a-t-il reconnu. "Nous allons donc continuer à exploiter les studios Warner Bros de manière indépendante et à sortir les films de façon traditionnelle au cinéma", a-t-il promis. Puis, interrogé par Maxime Saada sur la réglementation-régulation française en matière de production, Ted Sarandos s’est montré philosophe : « oui, c’est compliqué de travailler ces sujets en France, mais l’amour c’est aussi compliqué ».
*: Début décembre, Netflix a annoncé avoir trouvé un accord avec Warner Bros Discovery (WBD) pour racheter l'essentiel du groupe, valorisé 83 milliards de dollars. Mais des doutes subsistent sur la validation de l'opération par les régulateurs. Avec ce rachat, Netflix avalerait la plateforme HBO Max. Le groupe de télévision et de cinéma Paramount Skydance a dégainé une contre-offre valorisée à 108,4 milliards de dollars, comprenant cette fois-ci le rachat du portefeuille de chaînes de télévision de WBD, parmi lesquelles figure CNN et Discovery.