Charlie Hebdo : le CSA relève 36 manquements des TV et radios
Le CSA a adressé jeudi vingt et une "mises en demeure" à des télévisions et radios pour des "manquements graves" dans leur couverture des attentats de janvier à Paris. Une mise en demeure du CSA n'a qu'une valeur d'avertissement et n'entraîne pas de sanction, sauf récidive. Le gendarme de l'audiovisuel relève notamment que 13 médias "ont annoncé en direct que des affrontements avaient éclaté entre les forces de l'ordre et les terroristes à Dammartin-en-Goële", ce qui "aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour les otages de l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes". Les 13 médias concernés sont BFMTV, Euronews, France 2, France 24, i-Télé, LCI, TF1, Europe 1, France Info, France Inter, RFI, RMC, RTL. Quant à France 5, Canal + et France 3, ils ont fait l'objet de "mises en garde", un avertissement moins sévère. Au total, le Conseil a relevé "36 manquements dont 15 ont donné lieu à mise en garde et 21, plus graves, ont justifié des mises en demeure", précise le CSA dans un communiqué. Ces manquements vont de "la diffusion d'images issues de la vidéo montrant le policier abattu par les terroristes" à "la diffusion d'images ou d'informations concernant le déroulement des opérations en cours". Le CSA avait décidé à la mi-janvier de se pencher sur la façon dont les télévisions et les radios avaient couvert l'attentat contre Charlie Hebdo et les deux prises d'otages qui avaient suivi, alors que des enquêteurs s'étaient plaints de certains dérapages. Il avait aussi réuni le 15 janvier les responsables de chaînes et de radios pour une réflexion sur le sujet.
Trois nouvelles adjonctions
A partir de ces constats, le CSA se propose d’apporter à la recommandation n° 2013-04 du 20 novembre 2013 relative au traitement des conflits internationaux, des guerres civiles et des actes terroristes par les services de communication audiovisuelle, « trois adjonctions concernant le respect de la dignité de la personne humaine, la sauvegarde de l’ordre public et la maîtrise de l’antenne », selon le communiqué. Ces propositions de modifications feront l’objet d’une consultation des médias audiovisuels destinataires de la recommandation dans « les plus brefs délais ».