Contrat-climat : l’ADMTV constate encore le manque d’équité face aux plateformes

nature

Suite à la publication par l’ARCOM en janvier dernier du bilan annuel sur la prise en compte des enjeux environnementaux dans les médias audiovisuels et numériques, portant sur l’exercice 2024, l’Alliance des Médias TV & Vidéo (ADMTV, ex-SNPTV) s’est fendu mardi d’un communiqué afin de prendre acte des données fournies par l’instance dans son document.

Le syndicat représentant des régies TV* jugent ainsi qu’il « n’est pas acceptable que les éditeurs de télévision et de SVOD, qui se soumettent volontairement à des obligations de transparence, de contrôle préalable et de suivi annuel, soient les seuls acteurs dont les pratiques puissent être vérifiées et évaluées par les pouvoirs publics ». Il rappelle en effet que ses membres sont « signataires volontaires » des contrats-climat depuis l’origine du dispositif. Pointant même que les régies TV s’étaient engagées « au-delà de leurs obligations légales, avec des engagements concrets portant à la fois sur le volet publicitaire et sur le volet éditorial ».

Selon l’ADMTV, le bilan de l’ARCOM met en avant les résultats obtenus par le secteur de la publicité audiovisuelle, comme sur le secteur automobile dans lequel 86 % des investissements publicitaires en TV TNT sont notamment consacrés à des véhicules électriques, hybrides ou mixtes, contre seulement 14 % pour les véhicules thermiques. Les véhicules électriques restant même, à eux seuls, les produits les plus promus, avec 45 % des investissements. Par ailleurs, 75 % des investissements sont consacrés à des véhicules de classes CO₂ A et B, les moins émetteurs. « Un taux largement supérieur à tous les autres médias », pointe le syndicat. Autre secteur pris en compte : l’électrodomestique, avec 76 % des investissements publicitaires en TV qui sont consacrés à des produits de classes énergétiques « efficaces » selon les recommandations de l’ADEME, « un taux largement supérieur à celui de la radio (44 %) », assure l’ADMTV.

Le "déficit de transparence des plateformes"

Et le syndicat de relever et de « partager » l’analyse de l’ARCOM qui « regrette que le bilan confirme, une fois encore, le déficit de transparence des plateformes de partage de vidéo et des réseaux sociaux, rendant impossible toute vérification de leurs engagements ». Seul Google ayant joué le jeu avec son API qui a permis à l’ARCOM de dresser ses premiers constats sur le secteur Auto. « Les demandes adressées aux autres plateformes sont restées sans réponse, celles-ci considérant que toute modification de leurs API dépasse les exigences du Règlement européen sur les services numériques (RSN). L’accès limité aux données, l’absence de catégorisation des publicités, et le manque d’informations sur les audiences rendent toute analyse sectorielle impossible », indique encore le syndicat. De même, depuis que ces plateformes ont souscrit un contrat-climat, celles-ci « affichent un faible niveau d’ambition dans leurs engagements, comme le déplore l’Arcom ». « Préoccupant », selon le rapport de l’ARCOM, alors que « la publicité et la désinformation environnementale migrent massivement vers ces environnements [numériques] ».

* : Sont membres de l’ADMTV : TF1 Publicité, M6 Unilimited, FranceTV Publicité, Canl+ Brand Solutions, RMC BFM ADS, Amaury Média, beIN Régie, Paramount, Amazon Ads, Disney Advertising, Netflix.

À lire aussi

Filtrer par