CSA : 15 propositions pour le pluralisme politique dans les médias audiovisuels en période électorale

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a rendu public hier une série de 15 propositions afin de changer les règles du jeu médiatique lors des campagnes électorales. La publication des sondages serait ainsi autorisée à la radio et à la télévision jusqu'au samedi midi précédant le scrutin, et les interventions des candidats et de leur entourage jusqu'au samedi minuit, a-t-il précisé.Actuellement, cette "période de réserve" court pour les médias du vendredi minuit au dimanche 20H00, heure de la fermeture des derniers bureaux de vote.  En repoussant cette interdiction, le CSA tente de s'adapter aux évolutions d'internet. La "période de réserve", inchangée depuis 1977, était battue en brèche de plus en plus souvent ces dernières années. Lors de chaque scrutin, plusieurs heures avant la fermeture des bureaux de vote, les résultats fleurissaient sur des sites d'information étrangers et sur les réseaux sociaux diffusés par les journalistes et les équipes des candidats qui y avaient accès. Une fermeture simultanée de tous les bureaux de vote du territoire, le dimanche à 19H00, permettrait également de limiter les fuites, selon le CSA. Un texte de loi incluant notamment la "période de réserve" pour l'expression des candidats pourrait être déposé dans les prochaines semaines, a indiqué l'entourage du député PS Jean-Jacques Urvoas à l'AFP. Le législateur devra décider si cette ouverture proposée par le CSA s'applique également aux sites internet et aux journaux.

Le gendarme des médias a aussi voulu mettre fin au sacro-saint principe d'"égalité" des temps de parole, de la publication des candidatures jusqu'au début des deux semaines de campagne officielle. Il serait remplacé par l'"équité" des temps de parole, actuellement en vigueur avant l'officialisation des candidatures et contestée par les plus petits partis. Lors de précédents scrutins, le CSA avait rappelé des médias à l'ordre pour avoir fait parler certains candidats plus que d'autres. Pendant quatre semaines "intermédiaires" entre la publication des candidatures et le début de la campagne officielle, les candidats devraient avoir accès à du temps d'antenne "dans des conditions de programmation comparable", prenant en compte leur "représentativité", suggère le CSA, sans plus de précision.

Le CSA propose par ailleurs de décompter le temps de parole de façon plus globale, en prenant en compte les programmes de divertissement comme les programmes d'information. Cette mesure pourrait être expérimentée dès les régionales de décembre. Le président du CSA Olivier Schrameck se propose également d'aider les médias à faire respecter cette équité lors des primaires au sein des partis. Le temps est compté: pour qu'elles soient applicables pendant la présidentielle, ces propositions devront être votées au plus tard au printemps 2016. Les 15 propositions sont consultables ici.

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