Le CSA plombe France Télévisions

Ne pas y aller avec le dos de la cuillère. L'expression devrait avoir tout son sens lorsque le CSA publiera prochainement son rapport sur le bilan de France Télévisions. En attendant, le site BFM Business en publie les "bonnes feuilles". On y apprend notamment que le bilan de la présidence de Rémy Pflimlin est "mitigé". Ainsi, excepté France 5, le CSA pointe-t-il du doigt "l’échec d’une claire identification des lignes éditoriales des chaînes" du groupe alors que France 4 et France Ô "ont du mal à justifier leur nécessité sur un réseau hertzien national". De même, pour le rapport, la réforme de France 3 s'est "enlisée". Côté programmes, le CSA souligne qu'à "quelques exceptions près", ils ne permettent pas "de différencier assez l’offre de celles des chaînes privées". L'information n'est pas non plus épargnée avec un service public qui "doit éviter le développement de rubriques sociétales anecdotiques (…) mais se recentrer sur l’information internationale et sur l’actualité politique, économique et sociale ». En outre, selon le rapport du CSA, le groupe d'audiovisuel public est « marquée par une instabilité des postes de direction, et une illisibilité des responsabilités ». Pour l'instance, il faudrait mettre fin « aux responsabilités horizontales et verticales croisées qui obscurcissent et déséquilibrent les processus de décision » tout en appelant de ses vœux « un organigramme simplifié apte à identifier les responsabilités, aujourd’hui diluées dans les différents échelons ». Le CSA remarque également un coût « nettement plus élevé pour la production interne » par rapport à la concurrence » et « un manque d’ambition dans la maîtrise des coûts ». Dans ce tableau bien sombre, quelques lueurs cependant. Le CSA se félicite du maintien des investissements des chaines publiques dans la production, le maintien d'une audience « significative » ainsi que le « rattrapage » en matière de numérique. Le rapport, souligne BFM Business, qui n'est pour l'heure pas encore approuvé par le collège du CSA. De source proche de France Télévisions, on ne « pouvait pas croire  mardi soir qu'il s'agissait du rapport du CSA, tant ce texte fait montre d'une méconnaissance du secteur et de l'entreprise, voire d'une ingérence éditoriale, sauf s'il s'agit d'une attaque personnelle contre Rémy Pflimlin, ce qui est encore moins imaginable ».

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