Disney+ compte “9,5 millions d'utilisateurs français actifs en septembre”

Renaud Guillemot
Renaud Guillemot (© DR)

Le VP affiliate, content and advertising sales de The Walt Disney Company France Renaud Guillemot dévoile le bilan de la publicité sur Disney+.

CB News : environ deux ans après le lancement de la publicité sur Disney+ en France, vous avez mené une étude interne sur votre audience et la perception de la publicité. Que pouvez-vous nous en dire ?

Renaud Guillemot : notre offre Disney+ est très forte auprès des jeunes adultes et des adultes en France. Elle superforme chez les 25-49 ans qui représentent ⅔ de nos audiences. Puis ⅓  correspond aux 15-34 ans. Ils sont également ⅔ à ne pas avoir d’enfant. Cela peut sembler contre intuitif quand nous parlons de Disney, car au lancement nous imaginions une plateforme familiale. Mais notre offre a évolué pour s’adapter.

CB News : comment vous distinguez vous en terme publicitaire ?

Renaud Guillemot : notre différenciation clé est le contexte émotionnel unique de visionnage. Selon l’étude menée par Ipsos bva, nous avons la meilleure expérience publicitaire du marché. 70% de nos abonnés considèrent que la pression publicitaire est raisonnable, 62% qu'elle ne gêne pas le visionnage. 

CB News : avez-vous un exemple sur l’année écoulée ?

Renaud Guillemot : Bref 2 a été un carton absolu, un phénomène de pop culture. Le programme a été sponsorisé par HelloBank. À l’issue de la campagne, la notoriété de la banque a augmenté de 40 points sur les personnes exposées. L’intention d'achat a augmenté de 13 points, et la mémorisation de 23 points.

CB News : vous avez également eu les chiffres de la première mesure Watch éditeur de Médiamétrie. Que pouvez-vous nous dire ?

Renaud Guillemot : nous avons en France 9,5 millions d'utilisateurs actifs en septembre dernier. Le nombre d’abonnés est devenu moins important que la couverture que nous donne désormais Médiamétrie. Nous avons un indicateur de mesure identique pour tous les acteurs du streaming payant ou gratuit. Nous travaillons aussi très étroitement avec Médiamétrie pour la sortie de la mesure Cross Media Video. Tout le marché l’attend impatiemment.

CB News : au lancement, vous étiez sur un maximum de 4 minutes de publicité par heure avec des écrans de 30 à 90 secondes. Est-ce toujours le cas ?

Renaud Guillemot : c’est le maximum. En réalité, nous sommes un peu en dessous de 4 minutes. Cela fluctue d’un mois à l’autre. Nous sommes toujours 3 fois en dessous que la Tv linéaire pour permettre aux marques d’émerger plus. Notre pression publicitaire est extrêmement maîtrisée.

CB News : souhaitez-vous faire évoluer votre inventaire avec de nouveaux formats ?

Renaud Guillemot : nous sommes concentrés sur les formats vidéo, en sponsoring et en campagne mid roll ou pre roll. Ce sont les formats les plus importants. Mais nous en développons d’autres et nous allons continuer à le faire selon la demande du marché. Depuis quelques semaines, nous avons un nouveau format shoppable ads avec QRcode. Nous allons bientôt lancer sa commercialisation.

CB News : depuis 2 ans, vous avez développé un ciblage par géolocalisation, device et heure avec des offres contextuelles. En 2025, vous deviez lancer le ciblage socio démographique. Où en êtes-vous ?

Renaud Guillemot : nous développons de plus en plus le ciblage socio-démographique. Nous le faisons déjà en partie pour le ciblage contextuel pour des programmes identifiés sur des cibles particulières. Notre objectif ces prochains mois est de faire un ciblage plus fin. En 2026, nous voulons accélérer la technologie de Disney en Europe pour se rapprocher de ce qui est fait aux Etats-Unis.

CB News : qu’est-ce qui est fait aux États-Unis ?

Renaud Guillemot : Disney a la solution d’IA learning machine “Disney selectIA Engine”. Elle s'appuie sur la data des annonceurs et sur notre data interne pour proposer un ciblage précis et optimiser le cadre de diffusion sur Disney+ et les autres plateformes disponibles aux Etats-Unis. Ces solutions vont arriver progressivement partout dans le monde.

CB News : vous aviez plus de 200 annonceurs un an après le lancement. À combien en êtes-vous aujourd’hui ?

Renaud Guillemot : nous avons plus de 300 annonceurs aujourd’hui. Ce nombre témoigne en partie de la réussite de notre régie locale à couvrir le marché. Marjorie Guedj, responsable de la régie publicitaire en France et son équipe, font un travail génial pour recruter de nouveaux annonceurs.

CB News : pourquoi avez-vous noué un partenariat avec Amazon DSP, opérationnel depuis le 3e trimestre 2025 ?

Renaud Guillemot : depuis le lancement, nous avons fait le choix d’être neutre du point de vue des DSP. Nous sommes partenaires avec DV, The Trade Desk et Yahoo. Notre récent partenariat avec Amazon entre dans cette logique-là, celle d’être le plus accessible possible. Le marché se fragmente énormément. Le but est de simplifier la vie des annonceurs et des agences.

CB News : vos tarifs étaient de 40 euros le CPM (coût par mille) au lancement. Comment ont-ils évolué ?

Renaud Guillemot : notre inventaire était en construction et la demande était beaucoup plus forte que l’offre. Nous avons revu très vite nos tarifs pour s'adapter au marché. Nous n’avons plus aujourd'hui un prix unique pour tous les annonceurs, mais du sur-mesure, selon le format etc.

CB News : Disney+ peut désormais diffuser des films 9 mois après leur sortie en salles, contre 17 mois auparavant. Quel impact cela a sur votre organisation ?

Renaud Guillemot : ce virage stratégique va renforcer le côté premium cinéma de Disney +. Ce très gros changement change notre approche publicitaire. Il nous ouvre de nouvelles perspectives et opportunités. Nous allons par exemple lancer l’offre “from screen to stream” - du grand au petit écran - qui permet aux marques d’accompagner un programme de son lancement au cinéma jusqu’à son arrivée sur Disney+. C’est l’axe sur lequel les commerciaux vont se renforcer afin d’avoir des partenariats créatifs. Le film de première fenêtre d’exclusivité est LOL 2 qui sort en salle en février.

CB News : comptez-vous développer des partenariats avec des acteurs de la BvoD ?

Renaud Guillemot : nous avons pas mal de partenariat qui ont renforcé la collaboration entre Disney+ et les broadcasters, dont ITV en Angleterre ou ZDF en Allemagne. Cela nous permet d’avoir un volume de contenu important et de compléter leur offre avec le meilleur du divertissement américain ainsi que des contenus locaux pertinents. L’idée est d’avoir le meilleur des deux mondes.

CB News : et en France ?

Renaud Guillemot : nous regardons les opportunités qui peuvent exister. Nous investissons beaucoup dans la production locale, 25% du CA en France. Donc l’idée est de pouvoir avoir une offre qui peut compléter ce que nous arrivons déjà à produire avec nos productions originales et nos préachats. L’offre qui existe est déjà très pertinente.

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