Entre polémiques, performances et ambitions, Canal+ avance
Le directeur général France Gérald-Brice Viret a fait face… invité ce jeudi au traditionnel petit déjeuner de l’Association des journalistes médias.
Le timing pouvait paraître délicat. Mais le directeur général de Canal+ France, Gérald-Brice Viret, invité ce jeudi au traditionnel petit déjeuner de l’Association des journalistes médias (AJM), prévu de longue date, n’a pas fait faux bond à la rencontre. En effet, la veille, l’animateur Jean-Marc Morandini avait vu la Cour de cassation rendre définitive sa condamnation pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. « On assume complètement » son maintien à l’antenne, alors que M. Morandini fait également l’objet d’une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs et que son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles est désormais confirmée. « Il n’est en contact avec aucun mineur à CNews », et ce « depuis très longtemps », a-t-il souligné.
Dans la foulée, M. Viret s’est félicité des performances d’audience et économiques de CNews, qui est « en équilibre opérationnel » en 2025, « une première ». De même, il annonce que l’activité des chaînes gratuites du groupe est en « quasi-équilibre » en 2025 et sera « à l’équilibre » en 2026, assure-t-il encore.
Puis, malgré l’arrêt de la chaîne C8 et le départ de son animateur Cyril Hanouna, la régie de Canal+ a réussi à « retrouver 50% des revenus de la chaîne », pointe-t-il, faisant au passage du digital l’un des fers de lance des ambitions du groupe Canal+ en 2026, portées par une année 2025 en « progression à deux chiffres » pour la publicité numérique. Plus généralement, il concède une augmentation des tarifs de Canal+ Brand Solutions, mais aussi une hausse du nombre d’annonceurs prêts à investir. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte, « pour une plus large diffusion », à un accord avec YouTube pour diffuser des programmes gratuits du groupe, à l’instar du contrat récemment conclu entre la plateforme vidéo de Google et CMA Media. Tout en faisant néanmoins de « l’abonnement à la carte » à Canal+ un enjeu important. « Maxime Saada (président du directoire du groupe, NDLR) nous challenge énormément sur les offres que nous proposons », glisse le directeur général.
Côté programmes, Gérald-Brice Viret prend acte des bonnes audiences du divertissement Loups-Garous et annonce une réflexion autour d’une possible saison 3. Forts de 1,3 million d’abonnés ayant vu ce programme « fédérateur », cela « nous donne des idées de développement pour ce type d’émission qui manquait à notre offre », afin d’« aller chercher tous les membres du foyer, et spécifiquement les jeunes ».
Alors que les droits pour les TV payantes pour la prochaine Coupe du monde de football aux États-Unis, au Mexique et au Canada n’ont pas encore trouvé preneur dans l’Hexagone, M. Viret n’en fait pas mystère : « on va regarder ». Si la Ligue 1 de football reste l’objet de conflits juridiques entre Canal+ et la Ligue de football professionnel (LFP), « le lien n’est pas coupé. Il ne faut jamais dire jamais » quant à un retour de la compétition sur les antennes du groupe.
Prisma Media : des réorganisations à l'étude
Par ailleurs, interrogé sur l’éditeur Prisma Media, dont Gérald-Brice Viret est vice-président, le dirigeant est revenu sur le projet de plan social envisageant la suppression de 30% des effectifs. « Nous faisons face à une baisse des ventes print, mais aussi à un recul important des revenus numériques », justifie-t-il, alors qu’en 2025 Prisma Media aura été « légèrement rentable ».
Quoi qu’il en soit, des projets de réorganisation sont à l’étude, comme la possible constitution d’une rédaction People et d’une rédaction TV. De même, Prisma Media entend faire de son titre Capital une « référence » au sein du groupe. Dès le 23 janvier prochain, la rédaction du magazine intégrera un pôle info auprès de CNews, tandis que l’hypothèse d’une réduction de la périodicité de Capital, actuellement mensuelle, est envisagée. Mais pour l’heure, rien n’est tranché.
Quant à une cession possible du pôle Luxe de Prisma Media (Milk, Ideat, Côté Maison, The Good Life et la licence française de Harper’s Bazaar) à Vivendi, M. Viret n’a pas souhaité se prononcer, le sujet devant être évoqué ce vendredi 16 janvier lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire.