Un environnement de plus en plus hostile aux journalistes, selon le Conseil de l'Europe
Guerre en Ukraine, agressions, poursuites abusives : l'environnement est de plus en plus hostile aux professionnels des médias, souligne mardi la Plateforme du Conseil de l'Europe pour la sécurité des journalistes. La guerre de la Russie contre l'Ukraine reste "la plus grande source de danger pour les journalistes" avec quatre professionnels des médias tués en 2025, d'autres blessés et beaucoup qui "sont toujours détenus dans les territoires occupés ou ont disparu" relève dans son rapport annuel cette plateforme, fruit d'une collaboration entre le Conseil de l'Europe et des organisations de défense de la liberté de la presse. Le rapport liste également les agressions physiques subies par les journalistes lors de manifestations, les poursuites abusives, la surveillance via des logiciels espions, la répression transnationale des journalistes, ou encore les lois relatives aux "agents étrangers". Il s'inquiète des menaces pesant sur les médias de service public, entre ingérences politiques, lois restrictives et financements insuffisants.
En 2025, les partenaires de la plateforme ont publié 344 alertes de menaces graves pour la liberté des médias, en forte hausse (+29 %) par rapport à 2024. Les pays qui ont fait l'objet du plus grand nombre d'alertes sont la Russie (50), la Turquie (49), la Géorgie (35), la Serbie (35) et l'Ukraine (27). En 2025, moins d'un tiers des alertes ont reçu une réponse de la part des États. Au 31 décembre 2025, 148 journalistes étaient détenus en Europe, dont 36 en Azerbaïdjan, 32 en Russie, 27 au Belarus, 26 par la Russie dans les territoires occupés de l'Ukraine, 24 en Turquie, deux en Arménie et un en Géorgie.
Un focus sur les femmes journalistes
Ce rapport annuel, qui couvre les 46 États membres du Conseil de l'Europe - ainsi que la Russie, après son exclusion du Conseil de l'Europe en 2022, et le Bélarus - comporte pour la première fois une section spécifique consacrée aux femmes journalistes. Des études récentes montrent qu'elles sont régulièrement exposées à des violences fondées sur le genre, notamment des menaces de viol, des insultes misogynes, la stigmatisation, le harcèlement et des menaces de mort.
Les partenaires de la plateforme recommandent, en priorité, de renforcer la sécurité des journalistes, de mettre pleinement en oeuvre les normes de lutte contre les poursuites-bâillons, de préserver l'indépendance des médias de service public et d'accroître la protection des femmes journalistes.