L’Equipe : un nouveau format pour grandir
« Je ne veux plus que L’Equipe soit le journal de la veille, mais le journal du jour ». A la direction générale de la SNC L’Equipe (groupe Amaury) depuis le début de l’année, Cyril Linette a présenté mercredi les grandes lignes de ce qui s’apparente à un petit séisme dans le monde de la presse. Après 70 ans de format broadsheet, le quotidien adopte en effet ce vendredi le format tabloïd, sans changement de prix (1,30€). Dans les cartons du groupe Amaury depuis 2008, ce projet « me semblait un sujet suranné quand je suis arrivé », concède Cyril Linette, même « pas une priorité dans mon esprit ». Puis vint la date du 10 juin dernier lorsque le groupe L’Equipe tenta un tabloïd en demandant aux lecteurs leurs sentiments. « J’ai été frappé ce jour-là par la puissance des réponses (+ de 10 000, ndlr) où 75% de nos lecteurs souhaitaient ce changement ». Celui-ci devenait dès alors inéluctable car L’Equipe, qui est « le doudou du fan de sport », est aujourd’hui confronté à une « hypertrophie d’actualités » dans un format « qui impose 7-8 articles par page ». Un véritable « frein à la lecture », pointe-t-il. Puis les échéances sportives à venir (Euro de Basket, Coupe du Monde de rugby, Euro 2016, Jeu Olympiques de Rio, Ryder’s Cup en France, Championnat du monde de hand-ball en France, etc.) ont fini de convaincre les dirigeants de L’Equipe de se lancer dans le format tabloïd.
Outre la forme, Jérôme Cazadieu, directeur de la rédaction de L’Equipe depuis juillet dernier, ne cache pas son plan d’attaque sur le fond. Il veut ainsi un quotidien « mieux rangé, plus visible, plus événementiel, plus hiérarchisé, plus incisif et innovant » dans une « nouvelle temporalité de l’information ». « La rédaction doit solder l’ère Aimé Jacquet », souligne de son côté Cyril Linette, faisant ainsi référence au positionnement du titre envers l’ex-sélectionneur de l’équipe de France de football, accusé de tous les maux avant le Mondial 1998. « La rédaction s’en veut encore de s’être trompée. On a le droit de se tromper, de retrouver sa liberté éditoriale », martèle-t-il. « Notre préoccupation, c'est de signifier un changement au lecteur mais sans le perdre", explique pour sa part Jérôme Cazadieu. L'Equipe version tabloïd comptera 40 pages en moyenne (32 pages en semaine, 48 pages le week-end) veut alterner "la haute couture et le prêt-à-porter haut-de-gamme" en rapprochant la rédaction de la direction artistique pour mettre en forme des contenus plus visuels et avec "quelques références aux jeux vidéo", détaille-t-il. Le titre qui changera à la marge son logo proposera deux enquêtes par mois, des « surprises toutes les 3-4 pages » et se veut plus "participatif" en interrogeant les lecteurs sur le choix de certains sujets. « Nous souhaitons également des pages services qui puissent durer » avec également des sujets tournés vers la data. « Le print a des formats qui manquent de renouvellement, les formats numériques peuvent se décliner sur le print », assure Jérôme Cazadieu. Par ailleurs, accusé parfois d’être trop football dans ses colonnes, L’Equipe nouvelle manière proposera en avant dernière ou dernière page un sommaire inversé afin de « montrer notre offre omnisport », indique-t-il.
A l’équilibre en 2015...
Et le challenge est d’envergure. Car même si L’Equipe (hors TV) sera « à l’équilibre à la fin de cette année 2015 », assure Cyril Linette, et que sa diffusion print progresse « de +6% depuis mi-juillet », il n’en reste pas moins que le quotidien a connu une année 2014 compliqué (-9,76%, à 219 955 exemplaires en moyenne chaque jour - OJD) et que les six premiers mois de l’année 2015 ont enregistré une baisse de diffusion de -2,22% (211 283 ex. – OJD) par rapport à la même période 2014. « Nous tablons sur une progression des ventes entre +5 et +10% d’ici la fin de l’année », ambitionne Cyril Linette. De quoi donc se retrousser le short…
Une campagne signée DDB Paris
Afin d’accompagner L’Equipe dans ses changements, DDB Paris signe à partir du 18 septembre, et pendant une semaine, une campagne d’affichage dans le métro parisien et sur des Abribus JCDecaux de la capitale qui mettra en scène quotidiennement les pages du journal dans son nouveau format. Cet affichage en temps réel", sur le thème « Venez découvrir le nouveau plus grand quotidien sportif français », sera relayé par une campagne nationale (affichage, radio). Celle-ci jouera sur le rapport de taille entre le format d'affichage et celle du nouveau journal.