France Télévisions : Le CSA sévère sur le bilan de Rémy Pflimlin
Le CSA dresse un bilan critique de la présidence de Rémy Pflimlin à France Télévisions, jugeant que "la qualité de certains programmes, hors information, ne permet pas encore (au groupe) de se différencier assez nettement" des chaînes privées, dans un rapport publié mercredi. Le Conseil estime également "indispensable une clarification des lignes éditoriales" entre France 2 et France 3. Le CSA, qui choisira dans moins de six mois le prochain président de France Télévisions, regrette aussi "l’absence de réforme de France 3 régions", "enjeu éditorial et budgétaire majeur". Il appelle également de ses vœux "davantage de renouvellement et d’innovation", notamment dans la fiction, ce qui permettrait d’atteindre "plus aisément" l’objectif de rajeunissement de l’audience. "France Télévisions gagnerait sans doute à affirmer aussi une ambition plus grande en matière de programmes culturels, trop souvent relégués à des horaires tardifs", juge le CSA. Celui-ci "suggère" également des évolutions sur l’avenir, "encore marqué par l’incertitude", de France 4 et de France Ô, et relève une répartition des responsabilités "insuffisamment précise" à l’intérieur du groupe. Le CSA encourage enfin le groupe "à renforcer sa politique de maîtrise des coûts", notamment ceux des moyens internes de production et à accompagner ce mouvement par "une exigence accrue en matière de transparence". Le CSA "salue" en outre l’action des personnels du groupe, "garants essentiels du service public". Le pré-rapport dont la presse s’était fait l’écho le mois dernier a déjà provoqué une crispation avec le président de France Télévisions. Dans un courrier adressé à Olivier Schrameck, le président du CSA, Rémy Pflimlin avait dénoncé une "ingérence" du conseil dans la gestion du groupe de télévision publique.
Quelques satisfécits tout de même...
Toutefois, le CSA décerne également quelques satisfécits à France Télévisions. Ainsi, il salue la "préservation d'une audience significative et l'affirmation d'une information abondante et de qualité" mais aussi "le maintien d’un important investissement en faveur de la création et la signature des accords dans les trois domaines de la production patrimoniale de fiction, de documentaire et d’animation". L'instance relève également le "développement significatif" des activités numériques du groupe ainsi que "l’obtention du label diversité et les progrès accomplis en matière de droits des femmes". Tout comme il constate le "franchissement d’étapes significatives dans la construction de l’entreprise unique", notamment par la signature de la convention collective et la concrétisation en cours des systèmes d’information unifiés. Le rapport est téléchargeable ici.