AT&T défend à son tour sa fusion avec Time Warner

Le patron du groupe de télécoms AT&T Randall Stephenson est venu à son tour défendre son projet de fusion avec le groupe de médias Time Warner, que les autorités américaines cherchent à bloquer devant les tribunaux. Comme son homologue de Time Warner, M. Stephenson a expliqué que cette union était nécessaire pour combattre les puissants géants technologiques, comme Netflix, Amazon, Google ou Facebook. Mais le ministère américain de la Justice estime que cette union à 85 milliards de dollars étouffera la concurrence et entraînera des hausses de prix. La fusion permettra d'augmenter la valeur de Time Warner, qui possède notamment les chaînes HBO, CNN ou les studios Warner Bros en lui offrant, via AT&T, une distribution plus large, a plaidé Randall Stephenson devant un tribunal de Washington. "Ce n'est vraiment pas si compliqué. La valeur d'une entreprise (qui produit des) contenus dépend du nombre de personnes qui les regardent", a-t-il expliqué. Ces contenus, actuellement "sous-utilisés", bénéficieraient des réseaux d'AT&T, qui distribue des contenus via câble, satellite et internet, a-t-il insisté. La stratégie d'AT&T est de faire en sorte que de plus en plus de gens regardent des vidéos sur leur mobile et, pour faire cela, "nous avons conclu que nous devions posséder des contenus". Son témoignage faisait écho à celui de Jeff Bewkes de Time Warner, qui avait expliqué que son groupe devait s'unir à AT&T pour lutter contre les groupes de la Silicon Valley qui savent, grâce aux données qu'ils ont sur leurs clients, ajuster les contenus et cibler la publicité. Ce rapprochement permettrait de mieux capter les recettes publicitaires et donc de limiter le coût des abonnements, a assuré M. Stephenson, contrant ainsi l'argument des autorités. Le procès, ouvert le 22 mars, devrait encore durer toute la semaine prochaine avant une mise en délibéré de la décision, dans plusieurs semaines. Il s'agit du plus gros procès de ce type depuis celui intenté contre Microsoft dans les années 1990. C'est aussi le premier procès contre une fusion dite "verticale", c'est-à-dire entre des entreprises qui ne sont pas directement concurrentes.

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