Belgique : la concentration dans la presse francophone s’affirme

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Le groupe de presse belge IPM, maison mère du quotidien La Libre Belgique, va racheter un titre concurrent, le journal régional L'Avenir, qui représente la plus grosse diffusion papier en Belgique francophone, a-t-on appris vendredi. Ce repreneur a été choisi jeudi soir par le conseil d'administration du groupe belge Nethys, l'actuel propriétaire de L'Avenir (200 salariés dont 130 journalistes), qui cherchait depuis le début de l'année à céder ses titres belges. "L'accord prévoit que la société Editions de l'Avenir cède à IPM Group la branche d'activité de presse (L'Avenir) et Nethys les parts qu'elle détient dans L'Avenir Hebdo (Moustique - Télépocket)", précise le communiqué de Nethys. "Les immeubles appartenant aux Editions de L'Avenir ne font pas partie de la vente et restent donc la propriété du groupe Nethys", est-il souligné. Depuis 2019, Nethys s'était déjà désengagé des quotidiens français La Provence et Nice-Matin, dans lesquels il détenait des parts.

Le rachat de L'Avenir, fondé en 1918 à Namur, aura pour effet de concentrer la presse quotidienne belge francophone entre les mains de deux grands acteurs (contre trois jusqu'à présent) : le groupe IPM, déjà propriétaire de La Libre Belgique et de La Dernière Heure (DH), et Rossel, qui contrôle Le Soir et le groupe de titres régionaux Sudpresse. "Le conseil d'administration de Nethys propose de retenir l'offre d'IPM pour l'achat des titres de presse +L'Avenir+ et +Moustique+" (un hebdomadaire télé devenu généraliste, ndlr), selon le communiqué. Ce sont deux des trois titres (avec Proximag) que Nethys cherchait à céder. Trois autres candidats dont Rossel s'étaient dits intéressés par tout ou partie du bloc mis en vente. "L'acquisition de ces titres en 2013 et la couverture de leurs pertes d'exploitation ont coûté à Nethys plus de 50 millions d'euros", a justifié le groupe vendeur. Le montant de la transaction avec IPM n'a pas été précisé. L'accord doit encore être soumis au conseil d'administration d'Enodia, la maison mère de Nethys. Vendredi, le syndicat chrétien CNE n'a pas caché son inquiétude sur les conséquences sociales de ce rachat. "L'adossement à un groupe de presse belge implique une série d'économies d'échelle, qui risquent de toucher les services administratifs, mais aussi la rédaction", a-t-il écrit dans un communiqué.

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