BFMTV s’investit dans le podcast natif

Julien Mielcarek

Julien Mielcarek, directeur de la rédaction BFMTV.com

(© Abaca Press)

BFMTV (Altice) annonce produire - via son offre de podcasts natifs - environ une soixantaine de contenus audio par semaine. Julien Mielcarek, directeur de la rédaction BFMTV.com, raconte à CB News pourquoi et comment la chaîne tout info s’investit dans ce nouveau média.

Pourquoi BFMTV investit dans le podcast ?

Cela répond à une question permanente chez nous : BFMTV doit s’adresser à un maximum de personnes, là où elles sont. Avec notre site, notre application, nos réseaux sociaux. On est aujourd’hui très présent sur Snapchat, on regarde du côté de TikTok, pour toujours être à l’affut des nouveaux usages des personnes qui nous suivent. C’est une vraie volonté, qui correspond à notre slogan BFMTV « Première sur l’info ». On souhaite s’adresser à tous les publics, et notamment les gens qui consomment de l’audio, qui n’ont pas le réflexe naturel de regarder l’antenne.

Vous venez de lancer « L’instant où » : en quoi cela consiste ?

La thématique « faits divers » se prête bien à l’audio, on est dans le récit, dans l’enquête, dans les coulisses. Et nous avons des spécialistes dont Dominique Rizet, consultant Police-Justice de la chaîne. « L’instant où », c’est le moment où une affaire bascule. Dominique le dit très bien « on ne pourrait pas avoir cette liberté de parole » si on était avec des caméras. Nos produits audio natifs sont différents de ce qu’on fait à l’antenne, cela permet d’aller chez les gens, il suffit juste de deux micros. Cela créé une intimité, les gens se livrent différemment. 

Combien de personnes travaillent sur VOS podcasts ?

Nous avons un journaliste dédié, Fabien Randrianarisoa, qui vient de FranceInfo. La rédaction digitale travaille de concert, ainsi qu’avec l’antenne sur certains podcasts. Les projets sont discutés en interne avec Marc-Olivier Fogiel et Hervé Béroud. Chaque nouvelle production est issue d'une discussion éditoriale.

Quelles audiences enregistrent vos podcasts ?

On ne les donne pas ! On a des chiffres hyper encourageants. « L’instant où » démarre très fort. Cela reste encore confidentiel, mais notre progression est très forte. Le podcast pour les enfants « Les dents et dodo » - destiné aux enfants pour les accompagner de manière ludique et éducative dans le brossage de dents, en leur faisant découvrir une histoire vraie intemporelle qui s’est passée près ou loin de chez eux, racontée par François de la Taille - a rencontré un très large public pendant le confinement. 

Quels sont les formats qui fonctionnent le mieux ?

« L’instant où » est en train de réaliser des audiences très importantes. « Les dents et dodo »  également. Il y a aussi les adaptions des enquêtes de l’émission « Ligne rouge » de l’antenne, notamment celui sur Elizabeth II. On réécrit le commentaire et on le re-enregistre, et on travaille les ambiances, spécifiquement pour l’audio.

La monétisation : sponsoring, spots ou brand content ?

Nous monétisons avec des spot en pré-roll. L’enjeu pour nous aujourd’hui est le développement éditorial, on a pas encore le projet de faire du brand content avec des marques sur les podcasts natifs.

A l’avenir, qu’allez vous développer dans l’audio ?

On a plein d’idées ! Le podcast natif démarre très fort. Pendant le confinement, les formats « Bis repetita » et « Coronavirus : BFMTV répond à vos questions » ont très bien fonctionné. On a aussi l’envie de développer le podcast natif sur BFM Business. RMC et RMC Sport avait déjà lancé leurs podcast, mais on regarde évidemment pour en lancer de nouveaux.

Sur BFMTV, on veut vraiment terminer la première collection de « L’instant où ». Début juillet, le troisième épisode racontera l’histoire de la dernière victime du dernier condamné à mort en France. Elle va révéler des détails très durs à Dominique Rizet. Et on aimerait dévoiler deux autres épisodes au cours de l’été. L’antenne va bientôt annoncer le prochain « Ligne rouge », qui sera lui-aussi décliné. Et on essaye de trouver la bonne idée autour de l’élection présidentielle, et au niveau local, nous aimerions développer des podcast natifs autour des régions (Lyon, Lille, Paris), là ou nous sommes présents.

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