Champions League : Canal+ et beIN Sports, le retour…

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(© Nathan Rogers, unsplash)

Comme toute compétition, il y a à la fin les (très) heureux, les déçus et les en larmes… Parce qu’une finale, tous les sportifs de haut niveau le savent, cela se gagne. Pas autre chose. Alors, du côté de Canal+ et de beIN Sport, l’heure était vendredi à un sentiment proche de l’euphorie avec l’attribution, pour la période 2021-2024, des droits de diffusion de l’épreuve-reine du football continental, organisée par l’UEFA : la Champions League. Parce que l’enjeu était de taille pour les deux diffuseurs qui avaient vu la compétition leur échapper au profit du groupe Altice qui allait débourser 315 millions € par an et créer dans la foulée, en 2016, une chaine dédiée et un aéropage de chaines sportives thématiques sous la bannière RMC Sport. Dans le détail de ce contrat global de droits TV à 375 millions € par an, selon des estimations fournies par l’Equipe, les téléspectateurs retrouveront donc la Champions League sur Canal+, beIN Sports et même TF1 (pour la diffusion en clair des finales 2022, 2023 et 2024). A elle seule, beIN Sports indique dans un communiqué, avoir remporté « Lot B » de l’appel d’offres de l’UEFA. Celui-ci comprend les droits exclusifs et en direct de 104 matchs de la compétition, la garantie de diffusion d’un club français lors de chaque journée (seulement si 3 clubs français sont présents au-delà de la phase de groupes, ndlr), un Multiplex dédié chaque soir de compétition, la rediffusions de l’intégralité des matchs ainsi que la production d’un magazine le mardi et le mercredi proposant l’intégralité des résumés de matchs sur l’ensemble de la compétition, y compris la finale. Pour le président de beIN Sports en France, Yousef Al-Obaidly, ce gain est la suite d’une « offre financière raisonnée et réfléchie » et qu’il « s’agit (…) d’une déclaration d’intention importante au sein d’un marché hautement concurrentiel ». Et de souligner que « d’un point de vue commercial, nous sommes déterminés à faire des offres économiquement raisonnables et proportionnées dans l’intérêt de notre sécurité financière à long terme, des consommateurs et des fans de sport ». De son côté, Canal+ diffusera les deux meilleures affiches de chaque journée de Champions League, les mardis et mercredis soirs, ainsi qu’un grand magazine d’après-match avec les temps forts de toutes les rencontres de la journée, selon un communiqué. La chaine diffusera en outre la finale ainsi que la Super Coupe entre les vainqueurs de la Champions League et de l’Europa League.

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(Tweet de Maxime Saada, président du groupe Canal+, le vendredi 29 novembre)

La "magouille" de l'UEFA

Du côté du grand perdant de l'opération, RMC Sport rappelle dans un communiqué « qu’il reste détenteur exclusif des droits pour l’intégralité des matchs de cette saison 2019-2020, ainsi que pour ceux de la saison prochaine, 2020-2021, c’est à dire jusqu’en juin 2021 ». La chaine précise en outre qu’elle « travaillera afin de continuer à offrir après 2021 le meilleur du foot européen », sans plus de précision. Enfin, Mediapro qui candidatait également, a par la voix de son patron Jaume Roures, interrogé par l’Equipe, indiqué qu’il y avait eu « une magouille » dans la procédure de l’UEFA et qu’il allait attaquer l’instance en justice, en Suisse, afin d’accéder « à la documentation de l’appel d’offres, du premier et du deuxième tour ». Il met ainsi en avant le fait que l’offre de Mediapro était « très proche » de celle proposée par ses concurrents. Pourquoi, dès lors, s’interroge-t-il, « personne ne nous ait demander de l’améliorer » alors que cela avait été demandé à Canal+ et beIN Sports, selon M. Roures. Toutefois, cette attribution ne « remet pas en cause » la chaîne que Mediapro doit créer pour diffuser la Ligue 1 et la Ligue 2, dont le groupe a obtenu les droits pour la période 2020-2024 avec beIN Sports, contre près de 800 millions d'euros, a maintenu Jaume Roures à l’AFP. L'attribution de la Ligue des Champions à ses concurrents n'est « pas bonne pour les téléspectateurs », a lancé le dirigeant. « Les gens vont être obligés de s'abonner à plusieurs endroits, ça favorise le piratage", a-t-il souligné.

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