Le CSA met en demeure CNews pour des propos tenus par Eric Zemmour

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Le CSA a mis en demeure CNews de respecter ses obligations, notamment en matière d'incitation à la haine ou à la violence, à la suite de propos d'Eric Zemmour sur l'islam et la colonisation de l'Algérie, tenus dans l'émission "Face à l'info", dans une décision publiée mardi. Cette mise en demeure constitue une forme d'avertissement pour la chaîne d'info du groupe Canal+. Dans les procédures du CSA, une telle décision peut précéder, en cas de manquements répétés, une sanction qui peut aller de la suspension temporaire d'un programme à un retrait de l'autorisation de la chaîne, en passant par des amendes ou privations d'écrans publicitaires. Des propos qui, pour le CSA, contreviennent à plusieurs des obligations de la chaîne, découlant de la loi et de sa convention conclue en 2005 (un texte qui codifie ses engagements vis-à-vis du régulateur). En effet, le gendarme de l'audiovisuel juge que ces propos "ont pu être perçus" comme "une légitimation de violences commises par le passé à l'encontre de personnes de confession musulmane mais aussi comme une incitation à la haine ou à la violence à l'égard de cette même catégorie de la population". Et il juge que la séquence exprimait un "rejet insistant des personnes musulmanes dans leur ensemble, tendant à encourager des comportements discriminatoires en raison de la religion". En outre, le régulateur estime que CNews, en diffusant ces propos en direct "sans réaction ni même modération" de la part de l'animatrice, a manqué à son obligation de garder la maîtrise de son antenne, qui s'impose en toutes circonstances.

Canal+ va saisir le Conseil d’Etat

Dans un communiqué, le groupe Canal+ « prend acte » de la décision du CSA, mais « considère que les propos diffusés à l’antenne ne constituaient ni un manquement à la convention de la chaîne, ni une méconnaissance de la Loi ». Il a donc décidé de saisir le Conseil d’Etat « de ces questions fondamentales conditionnant l’existence même du pluralisme de la presse ». Il met ainsi en avant une mise en demeure « injustifiée » et « contraire aux principes de la liberté d’expression tels que définis par la Cour Européenne des droits de l’Homme et donc constitutive d’un abus de pouvoir », pointe-t-il encore.

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