Décret Publicité TV : le SNPTV tire à boulets rouges

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Déçu. Et le mot est faible. Le Syndicat national de la publicité télévisée (SNPTV) qui réunit les principales régies publicitaires des groupes audiovisuels publics et privées* a vivement réagi dans un communiqué jeudi soir au projet de modification du « décret publicité » qui vient d’être transmis par le gouvernement, pour avis, au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Dans son texte intitulé « les ouvertures publicitaires pour les chaînes de télévision réduites à la portion congrue », le SNPTV souligne ainsi un projet « extrêmement déceptif ». Il pointe le fait que le développement de la pub segmentée, qu’il appelle de ses vœux depuis des mois, est « freinée avant même son lancement », relevant que son ouverture est « assortie de limitations qui empêchent à long terme son développement ». Parallèlement, considère-t-il, la CNIL dans son projet de recommandation sur les cookies et les traceurs propose de considérer la télécommande d’un téléviseur comme un clavier d’ordinateur, « rendant particulièrement compliqué le consentement légitime du téléspectateur », s’inquiète le SNPTV.

De même, il regrette que l’ouverture de la promotion pour le secteur de la distribution soit « reportée sine die », de même que toute expérimentation, « même avec un encadrement strict ». Il met en également en avant l’absence d’une étude sur l’impact d’une ouverture partielle et encadrée, « qui avait été proposée par les annonceurs ». Le SNPTV rappelle au passage que sur près de 9 milliards d’euros d’investissements du secteur de la distribution, 75 % vont dans le hors média, notamment les prospectus publicitaires, « et sur le quart restant près de la moitié est déjà accaparée par le digital qui se frotte les mains de cette spécificité française », indique-t-il

Côté publicité pour le cinéma à la TV, là encore le SNPTV pointe qu’il a affaire à une « expérimentation biaisée et une ouverture tronquée », considérant que le ministère de la Culture et le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) « avancent à reculons ». Il relève qu’un système basé sur des quotas est « par définition inégal pour l’accès des films à la publicité et entrainera des refus de vente des régies, emportant des conséquences juridiques », croit-il. Alors que dans le même temps les autres supports de promotion des œuvres cinématographiques, dont les plateformes digitales internationales, « ne sont soumis à aucune contrainte et peuvent profiter de leur situation oligopolistique pour appliquer des tarifs beaucoup plus élevés que ceux du média TV ». Le SNPTV rappelle là également que d’autres pistes, « notamment de réductions tarifaires, avaient pourtant été évoquées par certains acteurs pour assurer une visibilité publicitaire aux films dans toute leur diversité ».

Enfin, concernant l’ouverture du placement de produit dans les non œuvres, le SNPTV s’indigne et interroge : « comment retirer à la télévision ses recettes publicitaires ». En effet, pour lui, le projet de loi audiovisuel prévoit l’obligation pour la future ARCOM (entité issue de la fusion du CSA et de l’HADOPI effective dès janvier 2021, ndlr) d’ouvrir le placement de produit à tous les genres de programmes « entrainant un problème de contrôle et de responsabilité des publicités ainsi diffusées ainsi qu’un affaiblissement du modèle économique des chaînes de télévision et de l’écosystème audiovisuel », souligne le syndicat. Et de prendre pour exemple le placement de produit dans les évènements sportifs, qui permettrait aux ayant-droits internationaux de commercialiser des placements publicitaires directement dans un match, « sans que le diffuseur n’ait son mot à dire et n’en tire profit », soit « le début de la désintermédiation des éditeurs français », regrette le SNPTV. Une série de vents contraires pour le SNPTV, donc, qui rappelle en conclusion de son communiqué que « l’objectif initial affiché de cette évolution était pourtant la simplification de la réglementation en matière de publicité et le rééquilibrage de la concurrence avec les grands acteurs du numérique ».

* : le SNPTV regroupe TF1 Publicité, M6 Publicité, Canal+ Brand Solutions, FranceTV Publicité, Next media solutions, Amaury Media, Viacom International Media Networks et beIN Régie.

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