Déontologie de la presse : les pour et les contre la création du CDJM

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Dans un texte intitulé « Conseil de déontologie : pourquoi nous n’y participerons pas », 19 médias* co-signataires indiquent refuser de participer au futur Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) qui fera ses premiers pas ce lundi 2 décembre, sous la houlette de l’Observatoire de la déontologie de l'information (ODI). Ils mettent ainsi en avant que « la création de cette instance suppose des préalables qui ne sont pas remplis » et qu’elle n’« inspire pas confiance ». Ils reprochent ainsi une « une initiative du gouvernement » alors que le travail des rédactions est actuellement encadré « par des chartes de déontologie, pour la plupart d’entre nous ». De même, insistent-ils, « nous rendons compte également devant la justice ». Pour eux, « le pire service à rendre aux médias aujourd’hui serait de les contraindre à se plier à une norme artificielle de déontologie. Ce sont les lecteurs qui jugent les journalistes, pas les journalistes qui se jugent entre eux », martèlent-ils. Les signataires pointent également « deux lois adoptées depuis l’élection d’Emmanuel Macron, marquant un contournement de la loi de 1881 ». Et d’ainsi citer la loi sur les fausses nouvelles en période électorale et celle sur le secret des affaires. Ensemble, les rédactions signataires refusent de « tomber dans ce que nous considérons à ce stade comme un piège ».

L’ODI a réagi vendredi par un texte signé de son président Patrick Eveno. Il y indique d’abord que le « projet** n’émane pas du gouvernement ou du président de la République » en place, évoquant le rapport Sirinelli sur le sujet qui date de 2014. Rappelant que l’ODI a « toujours défendu » la loi de 1881, mais note qu’elle « se limite à la diffamation et à l’injure » et qu’elle est « surtout utilisée par les puissants et les célébrités, alors que les tribunaux ne sont pas un recours pour les citoyens ordinaires ». Le président de l’ODI souligne que le futur CDJM souligne que « les lignes éditoriales sont libres, que les choix rédactionnels sont l’apanage des rédactions et doivent le rester ». Pour l’instance, « il n’est évidemment pas question d’imposer des visions ou des approches journalistiques », selon M. Eveno, qui ajoute : « il n’est jamais question de censure a priori ou a posteriori, il n’est jamais question de sanction ou de police de la pensée. Un conseil de presse ne se prononce jamais sur la ligne éditoriale et les choix rédactionnels, mais uniquement sur le respect des règles professionnelles que portent les chartes d'éthique françaises et internationales ». Et d’interroger : « Préférez-vous qu’une loi impose un conseil de presse beaucoup plus contraignant (…) ? Préférez-vous que les pouvoirs du CSA soient étendus à la déontologie de l’information et, par la régulation du web dont il s’empare, à la presse toute entière ? »…

* : Texte signé par les sociétés des journalistes et sociétés des rédacteurs de : l’AFP, Challenges, Europe 1, L’Express, Le Figaro, Franceinfo TV, France 3 National, France Bleu, France Info, France Inter, LCI, Mediapart, L’Obs, Le Parisien, Le Point, TF1, La Tribune, TV5 Monde et 20 Minutes.

**: les discussions autour de la création du CDJM ont notamment réuni : SNJ, CFDT journalistes, Collectif informer n’est pas un délit, Journalisme et citoyenneté, Profession : Pigiste, AJE, FFAP, SNRL, FNPS, SPIIL, ODI, Clubs de la presse, Sociétés et collectifs de journalistes et de lecteurs, écoles de journalisme, associations d’éducation populaire, Alliance internationale de journalistes, Union Internationale de la presse francophone, etc.

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