Un effort de 71 millions d’euros pour l’audiovisuel public en 2020

Franck Riester

Franck Riester présentait le budget 2020 du ministère de la Culture, rue de Valois à Paris le 27 septembre 2019.

C’est avec « une émotion toute particulière » que le ministre de la Culture Franck Riester a présenté le budget 2020 de son ministère, évoquant la disparition la veille de l’ancien président de la République Jacques Chirac. Pour Franck Riester, le soixantième anniversaire du ministère de la Culture « nous offre l’occasion de réaffirmer une politique culturelle engagée ». Annonçant un budget « de priorités » en hausse de 73 millions d’euros (43 millions de crédits qui s’ajoutent à 30 millions issus du programme d’investissements d’avenir), le locataire de la rue de Valois a indiqué qu’il s’agissait « d’un effort qui nous oblige ». Quatre priorités ont été dressées : l’émancipation par les arts et la culture, la mobilisation des arts et de la culture au service des territoires, la volonté de faire de la France un terre d’artistes et de créateurs, ainsi que la réaffirmation de « notre souveraineté culturelle ».

L’AFP bénéficie de 6 millions supplémentaires

Dans le détail, 10 millions supplémentaires seront alloués à la montée en puissance du Pass Culture (un budget d 39 millions au total). L’Agence France Presse bénéficiera en outre de 6 millions d’euros supplémentaires : 1,5 millions pour ses moyens de fonctionnement et 4,5 millions « pour mener à bien son plan de transformation en 2020 ». Le plan bibliothèque gagne 4 millions, le développement de « 1000 micro-folies » (musées numériques de proximité) d’ici 2022 obtient un budget de 3 millions d’euros par an, ou encore la valorisation du patrimoine bénéficiera d’un milliard.

Audiovisuel public : des dotations en baisse de -1,8%

C’est dans l’audiovisuel public que des économies sont à faire. Les sociétés de l’audiovisuel public devront faire un effort de 71 millions d’euros (-1,8% par rapport à 2019) « afin de participer à la maîtrise de la dépense publique », pour un total de 3,79 milliards d’euros (3,86 en 2019) : une baisse deux fois plus importante que celle enregistrée en 2019. Rien d’étonnant pour le ministre, car il s’agit de suivre la trajectoire fixée en juillet 2018 : d’ici à 2022, 190 millions sont à économiser (160 pour France Télévisions et 20 millions pour Radio France). Par ailleurs, le ministère souhaite investir 150 millions d’euros dans le numérique par l’audiovisuel public.

Un alignement des taxes dues au CNC

Concernant le financement du cinéma via le CNC, Franck Riester a annoncé la hausse de la taxe sur les nouvelles plateformes de vidéo à la demande, comme Netflix : la TSV (taxe sur les services vidéo : 2% auparavant) augmente pour s’aligner sur la TST-E (taxe sur les éditeurs de services de télévision : 5,65% auparavant) qui elle diminue : les deux sont désormais à 5,15%. Cette baisse va permettre de diminuer « de manière symbolique » la redevance de 1 euro, désormais à 138 euros. « Cette mesure permet de rééquilibrer le modèle de financement du cinéma au profit des éditeurs historiques nationaux ». Ces recettes du CNC participantes à la création audiovisuelles et cinématographiques ne seront plus plafonnées et devraient s’établir en 2020 à 676 millions d’euros. Ce sera 1 million de plus qu’en 2019.

Une holding pour multiplier les synergies

Pour Franck Riester, l’audiovisuel public est la « première fenêtre d’art et de culture » mais « doit se transformer, se différencier des chaînes privés ». Pour multiplier les synergies, un groupe unique « France Médias » est créé, société-mère des sociétés d’audiovisuel public. « Le développement des coopérations doit donc être poursuivi dès et autant que possible, notamment dans le champ éditorial », indique le ministère, évoquant la chaîne d’information FranceInfo ou les matinales communes France 3/France Bleu.

Des efforts loin d’être homogènes

Les efforts ne sont pas uniformément répartis : c’est France Télévisions qui devra se serrer le plus la ceinture, avec un budget en baisse de 61,3 millions d’euros (-2,4%) par rapport à 2019. Arte voit sa dotation diminuée de 1,1M (- 3,2 millions d’euros). La maison ronde elle perd 5,1 millions euros, en baisse de 0,8%. France Médias Monde devra économiser 1 million d’euros (-0,4%). Quant à l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et TV5 Monde, leurs dotations restent à l’équilibre, respectivement à 89,2 millions et 77,7 millions d’euros. En outre, il faut noter que les aides à la presse diminueront de 1,5%, à 1,7 millions d’euros. Les dotations de soutien aux médias de proximité (1,6 millions) et à l’expression radiophonique locale (30,7 millions) restent stables.

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