Les financiers de L'Opinion

Le quotidien libéral L'Opinion, né en mai 2013, a été financé aux deux-tiers par une filiale de LVMH et par la famille Bettencourt, propriétaire de L'Oréal, révèle Médiapart vendredi en publiant les documents déposés au tribunal de commerce. Sur les 16,8 millions d'euros réunis en deux ans par le fondateur du journal, Nicolas Beytout, six millions ont été apportés par une filiale de LVMH : cinq millions en 2012 et un million cet été, écrit le site. La famille Bettencourt, via sa holding Thetys, a versé en tout 5,2 millions d'euros à L'Opinion, dont 3,2 millions en 2012 plus deux millions cet été. "Ensemble, les deux plus grandes fortunes françaises ont donc apporté les deux tiers du financement du  journal", poursuit Médiapart. Les fonds ont été versés à la société éditrice du journal, Bey Médias. Outre Bernard Arnault et les Bettencourt, L'Opinion a aussi reçu des fonds du patron immobilier Pierre Esnée, de celui d'Oberthur Jean-Pierre Savare, de Bruno Bich (propriétaire du groupe Bic) et des Galeries Lafayette, précise Médiapart. Nicolas Beytout y a lui investi personnellement 120 000 euros. Claude Perdriel, fondateur du groupe Nouvel Observateur avait même indiqué en mars dernier lors d'un déjeuner avec l'Association des journalistes média (AJM) qu'il avait participé financièrement au lancement du titre à titre personnel.

La loi oblige les groupes de presse à publier les noms des actionnaires qui détiennent plus de 10% de leur capital, mais Nicolas Beytout a toujours refusé de révéler les noms des financeurs de L'Opinion, en se contentant de citer celui de la société Bey Médias, qui détient le capital. L'Opinion, qui avait levé lors de son lancement 12,3 millions d'euros, a procédé à une nouvelle augmentation de capital de 4,5 millions en juillet, selon les documents déposés par Bey Médias au tribunal de commerce de Paris. Nicolas Beytout a précédemment été président du pôle média de LVMH, qui a acquis Les Echos en 2007. Ce quotidien de huit pages, associé à un site payant, revendiquait en mai 2013, après un an d'existence, une diffusion de 35 000 exemplaires, pour moité auprès des tiers (compagnies aériennes, enseignes, banques, etc.) et pour moitié aux particuliers. Encore déficitaire, il vise l'équilibre en 2016 à condition de doubler ses ventes aux particuliers.

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