France 4 : Inquiétudes autour du passage au tout-numérique

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang a pris la défense de France 4, chaîne publique dédiée à la jeunesse qui doit disparaître de la TNT, voyant dans cette décision une régression pour les enfants, et une menace pour la filière de l'animation française. Dans un courrier adressé à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, et transmis à l'AFP, l'ancien ministre de François Mitterrand estime que "la suppression de France 4 risque de reléguer l'animation française et l'identité des programmes jeunesse de notre pays loin dans le passé". Une crainte également exprimée par le Syndicat des producteurs de films d'animation (SPFA) dans une lettre ouverte à Mme Nyssen. Cette dernière a annoncé lundi dernier le basculement à une date non encore fixée de France 4, disponible sur le canal 14 de la TNT, en tout-numérique. France Télévisions avait assuré que ses commandes d'animation seraient préservées et que les 40 millions d'euros que coûte la grille de France 4 seraient réinvestis intégralement dans ses programmes. "Pour 25% des enfants, et notamment les plus défavorisés, France 4 est le seul accès à des programmes dédiés, gratuits et sans publicité", estime Jack Lang. L'ex-ministre se dit également inquiet pour la filière française de production de dessins animés, qui forme "un écosystème dense, dynamique mais fragile". "Dédier une chaîne hertzienne à la jeunesse, comme l'ont fait nos grands voisins, c'est assurer une mission de service public, donner un repère aux parents et aux enfants, continuer à dynamiser une filière dont l'excellence n'est plus à prouver", dit-il. Dans sa propre lettre, le Syndicat des producteurs de films d'animation redoute une chute de l'audience de France 4 avec sa bascule sur internet. "En basculant sur le numérique, BBC 3 (qui ne s'adressait pas aux enfants mais aux jeunes) a immédiatement perdu 85% de son audience. Si vous persistez dans l'erreur, le service public se coupera définitivement du public enfants", écrivent les membres du conseil d'administration. "La concertation qui s'ouvre doit être l'occasion de reconsidérer une décision brutale et non concertée, étayée visiblement par une vision erronée de la réalité des usages des enfants et de France 4. (...) Il faut se laisser du temps pour repenser et reconstruire une offre qui puisse être demain une référence", ajoutent-ils.

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