France Télévisions : des organisations professionnelles s’inquiètent de la baisse des crédits

Plusieurs organisations professionnelles de l'audiovisuel et de la culture se sont inquiétées vendredi du rejet par le groupe des députés LREM d'un amendement qui visait à atténuer la baisse des crédits de France Télévisions, définitivement rejeté samedi soir. Le gouvernement avait décidé fin septembre de réduire de 50 millions d'euros le budget du groupe public l'an prochain, à 2,57 milliards d'euros, par rapport à son contrat d'objectif et de moyens conclu avec l'ancien exécutif. Mais le rapporteur général du Budget Joël Giraud avait introduit un amendement qui visait à atténuer cette coupe de 20 millions d'euros, essentiellement en repoussant d'un an l'entrée en vigueur de la loi Gattolin, qui prévoit l'interdiction à partir de janvier 2018 de la publicité autour des programmes pour enfant diffusés sur les chaînes du service public. Cet amendement avait été adopté en commission des Finances, mais il a été retoqué par le groupe la République En Marche à l'Assemblée nationale, s'inquiètent dans un communiqué publié vendredi l'ARP (auteurs, réalisateurs et producteurs de films), le BLOC (qui regroupe plusieurs organisations du cinéma), la SACD (auteurs et compositeurs dramatiques), la SCAM (auteurs multimédia), le SPFA (producteurs de films d'animation), le SPI (producteurs indépendants) et l'USPA (production audiovisuelle).

"Le retour en arrière du groupe En Marche inquiète vivement tous les créateurs et professionnels de l'audiovisuel et du cinéma. Le statu quo actuel serait grave car il n'est pas le signe d'une ambition forte pour le service public qui est pourtant le pivot du financement et de la diffusion de la création en France", s'alarment ces organisations, qui craignent que le groupe ne taille dans ses dépenses dans les programmes pour réaliser les économies exigées par le gouvernement. La baisse du financement public de France Télévisions a également été critiquée par le Spect, autre syndicat de producteurs audiovisuels, qui organisait ce vendredi son colloque annuel. "Si on ne sanctuarise pas le budget des programmes, si on ne se donne pas l'obligation quelles que soient les contraintes budgétaires de maintenir une offre de programmes riche, diversifiée, et locale, on participe à une dégradation du service public qui aura des conséquences (...) sur le modèle culturel qu'on propose aux téléspectateurs", a lancé le président du Spect, Nicolas Coppermann (président du groupe EndemolShine). (avec l'AFP)

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