Grève à Radio France : Nicolas Demorand en appelle aux auditeurs

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(© (c) Radio France/Christophe Abramowitz)

Pendant 80 secondes, du lundi au vendredi, Nicolas Demorand a rien que pour lui son espace où il fait part de ses coups de gueule et autres coups de cœur. L’anchorman vedette (avec Léa Salamé) de la Matinale de France Inter a choisi lundi matin de faire son entrée, sur la pointe des pieds, dans le conflit social qui anime Radio France depuis une semaine. Muet sur le sujet depuis lors, contrairement à quelques têtes d’affiche de Radio France (Mathieu Vidard, Guillaume Meurice, Charline Vanhoenacker, Sylvain Bourmeau, Stéphanie Villeneuve ou Guillaume Erner...), Nicolas Demorand a intitulé son édito « Pourquoi fragiliser les radios publiques ? » S’il considère comme « légitime » que l’on demande à Radio de France de participer au redressement des finances publiques, il s’interroge toutefois : « pourquoi prendre le risque, à une époque de fragmentation accélérée de l’espace public, de fragiliser une institution qui marche, qui se transforme tous les jours, qui informe, qui divertit, qui instruit et qui nous tient encore ensemble ? ». Prenant ainsi acte que le groupe Radio France soit « un exemple de service public », le journaliste-animateur interpelle les auditeurs de France Inter : « ces radios (de Radio France) sont vos radios. Elles vous appartiennent. À vous, si vous le souhaitez, de vous saisir de ce débat et de faire valoir votre position par exemple auprès de la médiatrice de Radio France ». Un appel qu’il lance « par civisme et non corporatisme. Car à ce micro nous ne sommes que les dépositaires ponctuels d’une idée qui nous préexistait et qui, j’espère, nous survivra ».

Le taux de grévistes lundi matin s'élevait à 2,3% des effectifs prévus, d'après un décompte communiqué à l'AFP par la direction du groupe, alors que la fin de semaine précédente avait été marquée par un regain de mobilisation, avec un taux de participation de 11,2% vendredi (toujours selon les données de la direction). Depuis le début de ce mouvement social lancé le 25 novembre par les syndicats du groupe public, la mobilisation a perdu en ampleur (près d'un quart des effectifs avaient cessé le travail ce jour-là), mais les programmes restent perturbés, tant du côté des antennes nationales comme France Inter et franceinfo, que des 44 stations locales de France Bleu. "On continue à se battre contre ce plan stratégique", a souligné un élu du personnel, lors d'une nouvelle AG des salariés ce lundi. "Pour l'instant sur le fond rien ne change", a estimé un autre responsable syndical, rapportant que la direction refusait toujours la principale revendication des syndicats, à savoir le retrait du plan d'économies présenté par la PDG du groupe Sibyle Veil. Ce plan prévoit 299 départs volontaires et, en parallèle, la création de 76 postes, sur un effectif total de près de 4.800 personnes.

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