Inquiétudes autour de l’avenir et des projets du Parisien

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Pierre Louette, président du groupe Les Echos-Le Parisien

(© Bruno Levy)

Une note d’information interne qui inquiète. Une pétition sur la plateforme charge.org dans la foulée… Les salariés du Parisien ont reçu le 2 juin un mail cosigné Pierre Louette, président du groupe Les Échos Le Parisien, Sophie Gourmelen et Stéphane Albouy, respectivement directrice générale et directeur des rédactions du Parisien, qui envisage les évolutions du titre et de son environnement. Si le projet devrait être concrètement présenté mi-juin au Comité Social & Economique (CES) de l’entreprise, selon le document que CB News s’est procuré, « notre réflexion doit couvrir tous les sujets, l’information locale au même titre que les autres domaines de l’actualité » mais « à ce jour, une seule chose est arrêtée : l’impérative obligation d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre journal », écrivent les trois dirigeants. Car pour eux, le temps presse, entre les difficultés récurrentes du titre aussi bien face à la dégradation de ses comptes que pour sa diffusion, Le Parisien est certes « un grand journal populaire de qualité », mais cet « ADN n’est ni un totem ni un tabou », poursuivent-ils. Mettant en garde : « tout projet est voué à l’échec s’il reste gravé dans le marbre d’une histoire figée ad vitam aeternam », rendant incapable de « comprendre et de répondre aux nouvelles pratiques d’information ».

La nécessité d’un « grand titre sur le numérique » 

Si, affirment-ils, « l’information locale fait partie intégrante » de l’identité du Parisien, les signataires du texte appellent à ne pas oublier que Le Parisien est aussi « un grand titre national ». Et d’avancer la nécessité d’un « grand titre sur le numérique » car « il n’y a pas d’autre chemin possible ». Selon le trio, « c’est là qu’il faut prioritairement concentrer nos efforts pour combler notre retard sur la plupart de nos confrères (…) tout projet d’avenir devra d’abord répondre à la question : est-ce utile pour le développement numérique du Parisien ? ». Pour eux, par ailleurs, la crise du covid-19 a montré « combien le pays doit cesser de dissocier le local du national, les deux vont de pair. Nos audiences sur l’information locale sont fortes quand le sujet à une résonance nationale ». La porte ouverte à une refonte drastique, voire une disparition des éditions locales du Parisien ? Bon nombre de salariés semblent d'ores et déjà y croire.

Et d’affirmer en outre la volonté qui s’impose d’un « renouvellement » du lectorat du Parisien, sans désir de « jeunisme », à l’aune des pratiques numériques des plus jeunes générations. Enfin, Le Parisien se veut également l’animateur du débat public et ambitionne d’« encourager l’émergence d’une société plus responsable ». Alors, dans tout ce contexte, les trois dirigeants l’assurent : « nous passerons en revue tous les postes de dépenses. Ce n’est pas une finalité mais la marque d’une bonne gestion sans laquelle il n’y a pas d’avenir envisageable ». Eléments de réponses mi-juin, donc.

Les salaries en AG

Pour l'heure, toujours selon nos informations, la direction du Parisien s'est adressée aux salariés mardi soir en Assemblée générale afin de tenter de rassurer les collaborateurs. Salariés et organisations syndicales disent leur sentiment d'une fin de non-recevoir de la part de celle-ci, selon une source qui souhaite rester anonyme. « Elle a notamment refusé de répondre à la question du retour des cahiers départementaux du Parisien alors que la demande a officiellement été faite dans un lettre ouverte adressée aussi bien par des chefs d'éditions départementales que par des rédacteurs de locales », nous a-t-elle précisé. Pendant le confinement, le journal a remplacé ses 9 éditions régionales par un unique cahier « Ile-de-France et Oise ». Une nouvelle Assemblée générale pourrait quoi qu'il en soit être convoquée ce jeudi ou vendredi. Une grève pourrait également y être mise dans la balance, avance-t-on encore du côté des salariés. Un rassemblement des journalistes du Parisien est par ailleurs prévu ce jeudi devant les locaux du groupe Les Echos-Le Parisien, boulevard de Grenelle, à Paris. Vendredi dernier, Pierre Louette avait averti ses équipes que
le groupe avait perdu 36 millions d'euros de chiffre d'affaires entre mars et mai à cause de la crise sanitaire, entraînant une perte ramenée à environ la moitié de ce montant grâce à diverses économies.

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