Libération dans l’attente d’un nouveau directeur général

Alors que Johan Hufnagel a officiellement annoncé mercredi son départ en novembre pour se consacrer au lancement du media 100% vidéo Loopsider, Libération et son management se réorganisent. Dans ce cadre, Laurent Joffrin, directeur de la publication et de la rédaction, annonce qu’il s’appuiera désormais sur Alexandra Schwartzbrod, Stéphanie Aubert et Christophe Israël qui a tout récemment rejoint le titre. Laurent Joffrin annonce en outre qu’un nouveau directeur général sera nommé "au début 2018". Celui-ci, avec la rédaction et "dans le respect des valeurs de Libération et de sa charte éditoriale", selon un communiqué, sera chargé "d’affirmer la transformation numérique du journal autour du projet Digital First, pour faire de Libération l'un des leaders de l'information digitale payante en France en s’appuyant sur le papier".

Les salariés réagissent

Un communiqué des salariés de Libération, dont la direction de la rédaction "s'est opposée à (la) publication" dans les versions papier et numérique du titre, indique que ceux-ci ont reçu mercredi 18 octobre Alain Weill, directeur d’Altice Media, et Damien Bernet, son adjoint. Ils ont ainsi fait part de leur surprise de voir M. Weill ne pas annoncer, comme il s’y était engagé, le nom du nouveau directeur général du journal en lieu et place de François Dieulesaint dont le départ "est prévu depuis plusieurs mois", rappellent-ils. Ils indiquent par ailleurs que MM. Weill et Bernet leur ont présenté un projet de développement stratégique pour Libération "en décalage complet" avec les attentes de l’équipe du quotidien. Deux ans après une réorganisation "web first" de la rédaction, le plan exposé par Altice Media "se borne à un objectif digital first", insistent-ils.

Des investissements humains "significatifs’’

Pour eux, les "rares engagements" ne portent "que sur des investissements limités, circonscrits aux domaines techniques et non-rédactionnels" sur lesquels les salariés se disent "vigilants", notamment au sein des services développement et marketing. Seule lueur ? L’émergence d’"une ambition forte - irréaliste ? - concernant la conquête d’abonnements numériques à Libération". Les salariés en appellent donc à des investissements humains "significatifs" ainsi qu’à une présence à " temps plein à Libération" du futur directeur général. Ils souhaitent enfin que  "l’engagement soit pris " que toute nomination à la direction de la rédaction, à un poste similaire à celui actuellement occupé par Johan Hufnagel - quel que soit son titre -, "soit soumise au vote des salariés, selon l’esprit des statuts de Libération", concluent-ils.

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