Le Monde : l’héritier de Pierre Bergé sort de son silence

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L'héritier de Pierre Bergé, Madison Cox, appelé par les salariés du Monde à leur accorder un droit de regard sur les changements capitalistiques du groupe, leur a répondu lundi qu'il prendrait "toute initiative qui offre assez de sécurité aux rédactions et au groupe pour conserver la maîtrise de leur destin".  C'est la première fois qu'il s'exprime depuis l'ultimatum lancé par les salariés aux actionnaires pour obtenir un "droit d'agrément" actuellement en cours de négociation. "Je suis actionnaire d'une entreprise de presse peu ordinaire. Son histoire et ses valeurs puisent dans la Résistance, au cœur de la nuit la plus sombre que la France ait connue. Elles font du Monde et des autres publications du groupe des monuments vivants et rares. Y être indifférent, c'est tourner le dos à ce que la France donne de généreux, de libre et d'indépendant", écrit l'ayant-droit de Pierre Bergé dans ce courrier adressé au pôle d'indépendance du Monde.

"Résolument attaché aux raisons qui avaient rapproché Pierre Bergé du Monde en 2010, je prendrai toute initiative qui offre assez de sécurité aux rédactions et au groupe pour conserver la maîtrise de leur destin", conclut-il, sans dire clairement si et dans quelles conditions il souhaiterait signer le droit d'agrément. En 2010, le pôle d'indépendance du journal, qui regroupe les salariés, journalistes et la société des lecteurs, avait choisi parmi plusieurs offres de repreneurs celle du trio Bergé-Niel-Pigasse, qui avait alors créé la société "Le Monde Libre". Les deux autres actionnaires doivent reprendre progressivement jusqu'en 2021 les parts de Pierre Bergé, décédé en 2017.

Mais l'alliance inattendue de Matthieu Pigasse et Daniel Kretinsky, cinquième fortune tchèque, suscite l'inquiétude du Pôle d'indépendance qui regroupe la Société des rédacteurs, les salariés et des actionnaires historiques.  Samedi, M. Pigasse s'est déclaré favorable sous conditions à un "droit d'agrément", refusant toutefois un "droit de répudiation" qui permettrait aux salariés de choisir directement un nouvel actionnaire, et a assuré "solennellement" qu'il resterait l'actionnaire majoritaire de sa part du Monde (qu'il codétient désormais avec Daniel Kretinsky). "Nous continuons à avoir les plus grands doutes sur le montant et la nature du contrat de vente des parts de Matthieu Pigasse à Daniel Kretinsky l'an dernier", a indiqué Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, dans les colonnes du journal lundi. Outre une tribune signée par la quasi-totalité des rédactions du groupe, Le Monde a reçu et diffusé plusieurs marques de soutien, de la part de personnalités et de lecteurs, avec une double page de courriers publiée lundi.

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