NextRadioTV : les salariés se mobilisent

Alain Weill

Les salariés du groupe NextRadioTV (BFM, RMC) se sont mobilisés en masse mercredi contre un plan d'économies qui prévoit de supprimer près d'un tiers des postes, provoquant le report de mercredi à jeudi le dernier débat des municipales à Paris opposant Agnès Buzyn, Rachida Dati et Anne Hidalgo. La direction a proposé d'écouter les revendications des salariés jeudi matin et les salariés ont donc voté une suspension de la grève à partir de mercredi minuit. Une nouvelle assemblée générale est prévue jeudi après-midi. "Cette journée était une démonstration de force que l'on est capables de reproduire si la direction n'apporte pas d'avancées significatives", a indiqué à l'AFP un membre de l'intersyndicale (CFDT, CGT, SNJ, FO, CFTC et UNSA). Les salariés souhaitent notamment qu'il n'y ait aucun départ contraint. Environ 200 personnes ont manifesté dans la matinée devant le siège parisien d'Altice, la maison-mère du groupe, avec des pancartes "premier sur l'info, premier sur le plan social" et "Drahison", du nom du patron du groupe, Patrick Drahi. Les antennes de BFMTV, RMC, RMC Découverte, BFM Paris et BFM Business ont été perturbées dès le petit matin. La chaîne d'information en continu a diffusé à la mi-journée des images de la manifestation. "L'actualité sociale, quand elle nous concerne, on vous en parle aussi", a expliqué à l'antenne la journaliste Alice Darfeuille.

La filiale du groupe Altice a dévoilé le 17 juin un vaste plan d'économies et "de reconquête" pour faire face à l'impact de la crise du Covid-19. Le groupe, qui est largement bénéficiaire, anticipe un écroulement des recettes publicitaires post-crise sanitaire. NextRadioTV entend aussi économiser sur le sport, où il a perdu des droits prestigieux et devra faire face à une concurrence accrue.  NextRadioTV prévoit dans ce cadre de supprimer "330 à 380 CDI et jusqu'à 200 pigistes et intermittents", soit environ un tiers des effectifs, sur un total de 1.600 salariés, selon l'intersyndicale. Contactée, la direction du groupe n'a pas souhaité faire de commentaire.

"Je crains un impact sur la qualité de nos antennes", a regretté Amélie Rosique, grand reporter à BFMTV et porte-parole de la Société des journalistes. "On est attaché de manière viscérale à nos chaînes". La direction du groupe avait précisé à l'annonce du plan social en mai qu'il "débuterait par une phase de volontariat ; les licenciements contraints n'interviendraient que si le nombre de volontaires était insuffisant", alors que les plans d'économies se multiplient dans les médias. Le syndicat SNJ-CGT a apporté son soutien aux grévistes dans communiqué.

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