Nice Matin : Bernard Tapie prêt à investir 8 millions d'euros

Les salariés de Nice-Matin cherchent encore "5 à 6 millions d'euros" pour compléter leur offre de reprise, dans laquelle l'homme d'affaires Bernard Tapie pourrait participer, ont indiqué vendredi les syndicats au cours d'une assemblée générale. Les représentants syndicaux ont affirmé qu'ils n'avaient pas encore trouvé le montant total de 20 millions d'euros nécessaire à leur projet de reprise via une société coopérative d'intérêt collectif (Scic). "On fait le pari qu'on trouvera peut-être (ces) 5 à 6 millions d'euros manquants", a indiqué un représentant syndical. Ces fonds pourraient éventuellement être trouvés en rapport avec la richesse foncière du groupe (25,7 millions d'euros), a-t-il mentionné. Les syndicats ont également confirmé pour la première fois leurs discussions avec M. Tapie, le principal actionnaire du journal La Provence. L'homme d'affaires serait prêt à mettre 8 millions d'euros pour monter à 35%, alors que cette alliance pourrait lui permettre de réaliser des économies d'échelle dans certains domaines avec La Provence, notamment dans l'impression, ont indiqué les syndicats. "Les salariés pourraient compter sur nous si le cahier des charges de leur projet de reprise, un tour de force, est maintenu", avait déclaré Bernard Tapie le 26 août dernier. Il avait rappelé que les salariés devaient obtenir de leur côté 60% de l'apport et prévoir des économies de 18 millions d'euros sur les charges.

Le 13 octobre, date décisive

Le projet de reprise doit être déposé lundi auprès des administrateurs judiciaires du groupe placé en redressement depuis mai. Les salariés auront toutefois encore plusieurs semaines pour le peaufiner, avant la date décisive du 13 octobre, date à laquelle le tribunal de commerce de Nice choisira le repreneur. Début août, les salariés avaient lancé une opération de financement participatif via la site participatif Ulule, qui a récolté plus de 300 000 euros.L'élan de solidarité qui entoure le projet constitue "un atout" face aux autres candidatures, ont estimé les syndicats vendredi. Près de 3 millions d'euros doivent également être apportés par les salariés acceptant de verser environ 3 500 euros chacun, mais tous n'ont pas encore donné leur accord. L'assemblée générale a été aussi l'occasion d'évoquer succinctement les projets de cinq autres repreneurs potentiels, qui ont défilé ces derniers temps devant le comité d'entreprise de Nice-Matin. Le projet du groupe de presse belge Rossel propose notamment 380 suppressions de postes, ont fustigé les syndicats, qui souhaitent éviter tout licenciement.

Bruno Ledoux jette l'éponge

Mais pour sa part, le principal actionnaire de Libération Bruno  Ledoux, un temps intéressé par le dossier, a finalement renoncé à présenter une offre détaillée de reprise. "L'examen approfondi du dossier et l'importance des chantiers à assumer à Libé l'en ont dissuadé", selon une information du quotidien Le Monde.

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