Numéro 23 : le CSA met en garde... et est mis en cause

Le CSA a infligé une mise en garde à la chaîne Numéro 23, censée mettre en avant la diversité mais qui n'a pas respecté ses obligations en matière de programmes en 2015. Selon le contrat établi entre la chaîne de la TNT et le CSA, la programmation de Numéro 23 doit s'articuler autour de "la représentation de la diversité de la société française", "la découverte et la compréhension du monde contemporain" et "l'ouverture sur le monde, sous l'angle de la diversité", rappelle le régulateur dans un communiqué. Le Conseil a constaté pour l'année 2015 "une part trop faible de la programmation" répondant à ces orientations. Il déplore que "dans la part restreinte des programmes qui traitaient de la diversité" "deux fictions audiovisuelles en constituaient l'essentiel et ont été, de surcroît, diffusées à des heures de très faible exposition". Il regrette également qu'"au sein des émissions susceptibles de se rapporter à la découverte et à la compréhension du monde contemporain, les séries d'émissions de tatouage représentaient, à elles seules, un volume horaire très important, supérieur à la programmation consacrée à la représentation de la diversité de la société française". Le Conseil a donc "mis en garde l'éditeur de la chaîne contre le renouvellement de tels manquements".

 "Connivence" et "complaisance"

Quelques heures après ces remontrances, le CSA a lui même été mis en cause par une commission d’enquête parlementaire qui l'a accusé  de "connivence" dans ce dossier.  "Le CSA a été complaisant en affectant la chaîne à Pascal Houzelot", le patron de Numéro 23, a accusé le rapporteur Marcel Rogemont (PS) mercredi au cours d’une conférence de presse. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), alors présidé par Michel Boyon, n’avait "effectué aucune analyse du plan d’affaires de la chaîne, très faiblement documenté", et ne s’est pas assez méfié de Pascal Houzelot, dont la chaîne Pink TV avait connu de graves difficultés financières. Le CSA a ensuite "cédé à différentes demandes des représentants de la chaîne afin que la convention soit la moins contraignante possible", selon le rapporteur. Parmi les nombreux manquements soulignés par le rapport, le CSA a aussi "agréé les évolutions capitalistiques de Numéro 23 avec beaucoup de légèreté et de complaisance". Le rapporteur a conclu en proposant une loi qui "renforce les outils juridiques à la disposition du CSA" dans le suivi des chaînes, et demandé moins de "timidité" face à elles de la part du régulateur. "Le Parlement est dans son rôle", a répondu une porte-parole du CSA à l’AFP mercredi, soulignant cependant des "supputations et commentaires tendancieux qui desservent l’argumentation", et "aucune nouveauté dans le traitement du dossier". C’est aussi ce que reprochent au rapporteur les parlementaires Les Républicains (LR) de la commission d’enquête, qui ont voté contre la parution du rapport. "Il y a quelques mots un peu durs, mais il n’y a rien de faux dans ce rapport", a répondu lors de la conférence Bernard Debré, le seul député LR qui a voté pour la publication du rapport. 

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