Presstalis déclarée en cessation de paiement

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Le nouveau président de Presstalis, Cédric Durgardin, a déposé lundi 20 avril auprès du Tribunal de commerce de Paris une déclaration de cessation de paiement de la messagerie de presse. En proie à des difficultés financières récurrentes depuis plusieurs années et confrontée à l’actuelle crise sanitaire qui pénalise les ventes de titres depuis mars dernier, les choix étaient restreints. Dans un mail qu’il a adressé aux 900 collaborateurs de Presstalis, dont La Correspondance de la Presse reporte le contenu dans son édition de mardi, le président y fait part de « l’impossibilité de faire face (aux) engagements financiers ». S’il dit ne pas avoir ménagé sa peine depuis son arrivée en février dernier pour « identifier des solutions de sortie de crise », il souligne par ailleurs que les discussions autour de nouveaux projets industriels, qui ont actuellement lieu entre éditeurs des quotidiens et des magazines, n’ont pour l’heure pas permis de dégager pas plus un consensus qu’un « soutien unanime des actionnaires en raison d’écarts persistants » entre les positions de chacun. Dès lors, la déclaration de cessation de paiement devenait, pour le président de Presstalis, « inévitable ». Néanmoins, il souligne encore dans ce mail que cette déclaration « n’a pas de conséquences immédiates » pour la messagerie. Elle continuera ainsi « d’assurer la distribution de la presse », assure-t-il. Il appelle cependant toutes les parties prenantes à « accélérer les discussions ».

Deux plans en discussions

Dans les faits, deux plans s'affrontent : Presstalis défend avec les quotidiens le maintien d'une structure unique (qui continuerait à distribuer aussi bien les journaux quotidiens que la presse magazine), tandis que la coopérative des magazines et les MLP (Messageries lyonnaises de presse, concurrent de Presstalis), proposent une séparation des magazines et quotidiens. Par ailleurs, les éditeurs de presse doivent se prononcer sur un schéma de financement qui leur éviterait les pertes liées au dépôt de bilan, évaluées autour de 120 millions d'euros au total.

Le ministre de la Culture Franck Riester avait précisé jeudi 16 avril qu'il travaillait avec le ministre de l'Économie à un plan global pour la filière de la presse, qui prendrait en compte la question de Presstalis. Il avait également assuré faire "tout pour qu'il n'y ait pas de rupture dans la distribution de la presse", s'engageant à verser aux marchands de journaux ce que leur devait Presstalis. Les marchands, confrontés ces dernières semaines à une baisse des ventes, devraient recevoir comme prévu leur "rémunération complémentaire" entre la fin du mois d'avril et début mai, a indiqué Presstalis, pour un total de 16,2 millions d'euros.

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